Comment «Glee» a façonné toute une génération

Donia Ismail - Slate FR - 05/09
Malgré son lot de controverses, la série, qui fête ses treize ans cette année, a révolutionné à sa manière l'univers du petit écran.

Il y a treize ans, dans les allées du lycée McKinley à Lima, Ohio, une bande de misfits interprétait une version plutôt kitsch de «Sit Down, You're Rocking The Boat», sous l'œil approbateur d'un professeur d'espagnol qui n'en parle pas un mot. Petits gants blancs en dentelles et sourires Colgate, le numéro est un réel fiasco.

Il y a treize ans, Rachel Berry signait son nom d'une étoile dorée, les losers se prenaient des slushies glacés dans la figure, et Kurt Hummel tendait sa veste Marc Jacobs avant de se faire jeter dans la benne à ordures derrière l'établissement.

Il y a treize ans, en mai 2009, les Américains découvraient sur leur petit écran Glee, une série chantante à vocation familiale, diffusée sur la Fox. Aux manettes, Ryan Murphy, connu pour Nip/Tuck, acclamée par la critique. Il aura suffi d'un épisode de quarante minutes pour que les États-Unis soient pris d'une Glee fever. Cette fièvre se montrera contagieuse. Si le premier épisode est sorti en mai, il faudra attendre le mois de septembre pour voir le reste de la série. Mais, l'effet, lui, est immédiat. Là où Glee est diffusé, les fans se multiplient. Les chiffres sont renversants.

La première saison réunira 9,18 millions de téléspectateurs, la deuxième plus de 11,63 millions. Glee, ce sont six saisons, plus d'une centaine d'épisodes, deux tournées à guichets fermés, un budget de 3,8 millions de dollars par épisode, 194 nominations et 78 prix, des revenus publicitaires estimés à 300.000 dollars pour 30 secondes de spot, et des dizaines de chansons au sommet des charts américains.

Au fil des années, la teen série musicale s'est forgée une image de show novateur dans plusieurs domaines. À écouter ses fans, les «gleeks», Glee leur au...
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