Il y a des choses que l'on aime croire. Parce qu'elles nous rassurent ou nous arrangent. Le sommeil est un domaine qui regorge de ouï-dire et de vieilles astuces pour s'endormir plus rapidement ou avoir un repos plus salvateur. Au risque de dégrader la qualité de nos douces nuits.
Pour remettre les choses au clair, Rebecca Robbins, chercheuse au département de santé publique de l'université Langone Health à New York, a décidé avec d'autres scientifiques de reprendre tous les mythes qui entourent le sommeil, un à un, pour les vérifier. Ils ont pour ce faire étudié 8.000 sites internet pour identifier les 20 principales idées reçues, qu'ils ont présentées dans une étude publiée dans Sleep Health. Nous avons sélectionné 5 d'entre elles.
Vous êtes du genre à piquer du nez trois minutes après avoir trouvé une place dans les transports en commun ? Peut-être feriez-vous mieux de ne pas trop vous en vanter. Car si avoir la faculté de s'endormir à tout moment et n'importe où peut paraître être une chance, cela est surtout synonyme de mauvaise santé.
"S'endormir instantanément n'importe où et n'importe quand est le signe que vous ne dormez pas assez, ce qui vous contraint à faire de 'micro-siestes'", assure Rebecca Robbins dans une vidéo résumant l'étude. "Cela signifie que votre corps est si épuisé que dès qu'il le peut, il va tenter de rattraper le retard de sommeil accumulé."
Rien de tel qu'une bonne cuite pour bien dormir. Voilà un mythe coriace dont on ferait bien de se défaire. Car selon la chercheuse, si l'alcool peut aider à trouver le sommeil, il "affecte de façon dramatique la qualité de votre repos", et notamment la phase de sommeil profond, salvatrice pour votre mémoire et votre capacité d'apprentissage. Une perturbation qui vous donne l'impression (et ce n'est pas qu'une impression) de vous réveiller en n'étant pas tout à fait reposé. L'alcool étant d'autre part diurétique, vous risquez de devoir vous lever plusieurs fois pendant la nuit pour aller vous soulager.
Vos ronflements préoccupent certainement en premier lieu votre voisin(e) de lit, qui ne parvient pas à trouver le sommeil et s'escrime à siffler ou vous donner des coups de coude pour faire cesser le vacarme. Mais ces troubles respiratoires devraient aussi vous soucier. Car s'ils peuvent être anodins, ils peuvent aussi s'avérer dangereux pour vous dès l'instant où vous cessez de respirer entre deux ronflements. Ces pauses de 10 à 30 secondes, et qui se reproduisent au moins cinq fois par heure de sommeil, sont ce que l'on appelle l'apnée du sommeil. Ce manque d'oxygène cause, d'une part, des micro-réveils, dont vous n'avez pas conscience, mais qui affectent la qualité de votre sommeil, et d'autre part des troubles de la mémoire, de la concentration et de l'humeur, voire des accidents cardiovasculaires.
"C'est un trouble largement sous-diagnostiqué, indique Rebecca Robins. Nous pensons que cela affecte environ 30% de la population, mais que seuls 10% sont diagnostiqués." Selon les autorités de santé, le nombre de perso...
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