Guerre en Ukraine : de Marioupol à Boutcha, l’horreur dans le viseur

Caroline Douteau - LePoint - 02/09
Le festival Visa pour l’image met à l’honneur le travail des photojournalistes en Ukraine. Trois générations racontent les premiers jours du conflit.

Sergeï Supinski, Mstylav Chernov, Evgeny Maloletka et Daniel Berehulak sont à l'honneur du 34e festival du photojournalisme de Perpignan, Visa pour l'Image* (jusqu'au 11 septembre). À Kiev, Marioupol, Irpin et Boutcha, ces trois générations de photographes ont couvert les premiers jours du conflit russo-ukrainien. Pour Le Point, ils commentent leur travail et rappellent l'urgence de ne pas oublier cette guerre et ses victimes.

« L'information était plus importante que le pain »

Evgeny Maloletka et Mstylav Chernov (Associated Press), Marioupol, Ukraine. Au Couvent des minimes. Les reporters de 34 et 37 ans couvrent les zones de conflit depuis 2014. Ils sont parmi les premiers à arriver à Marioupol le 23 février. Ils y sont restés 20 jours avant d'être exfiltrés. Ils racontent l'agonie d'une ville et la terreur de ses habitants.

Evgeny Maloletka et Mstylav Chernov (Associated Press), présentent Marioupol, Ukraine. © Olivier GOT

« Le 23 février, nous nous doutions que Marioupol serait un lieu crucial pour les forces russes, car cette ville portuaire est décisive dans la région de Donetsk. Nous arrivons à 3 h 30 du matin, le 24. L'assaut est donné quelques heures après. Les premières bombes tombent à l'extérieur de la ville, surtout dans la partie est. C'est surréaliste. Des explosions, des fumées noires, des antennes en...
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