Birmanie : trois ans de prison supplémentaires pour Aung San Suu Kyi

LCI - 02/09
[VIDÉO] - L'ex-dirigeante a été condamnée à une peine de trois ans de prison supplémentaires pour fraude électorale. Elle doit désormais purger 20 années de détention, mais risque au total près de 120 années d'enfermement. La junte birmane accuse son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, d'avoir fraudé en novembre 2020.

L'ex-dirigeante a été condamnée à une peine de trois ans de prison supplémentaires pour fraude électorale.
Elle doit désormais purger 20 années de détention, mais risque au total près de 120 années d'enfermement.
La junte birmane accuse son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, d'avoir fraudé en novembre 2020.

Les sanctions de la junte birmane se poursuivent à l'encontre d'Aung San Suu Kyi. L'ex-dirigeante a été condamnée ce vendredi à une peine de trois ans de prison supplémentaires pour fraude électorale, au cours d'un procès fleuve, dénoncé comme "politique" par la communauté internationale. Cette énième sentence est assortie de travaux forcés, a rapporté une source proche du dossier, selon laquelle la prix Nobel de la paix, âgée de 77 ans, est apparue en bonne santé au tribunal.

Elle doit donc purger 20 années de détention, mais risque au total plus de 120 ans d'enfermement, pour les multiples infractions dont la junte l'accuse. En effet, elle avait déjà été condamnée mi-août dernier à six ans de prison en vertu de la loi anti-corruption et quatre début janvier 2022 ; le tribunal l'avait en effet reconnue coupable de fraude lors des législatives de novembre 2020 que son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), a pourtant largement remportées. 

C'est ce scrutin qui a servi de justification pour les généraux lors du coup d'État du 1er février 2021, l'armée assurant avoir découvert plus de 11 millions d'irrégularités. Le putsch a fait plonger le pays dans le chaos. Près de 2100 civils ont été tués par les forces de sécurité et plus de 15000 arrêtés, d'après une ONG locale. Des observateurs internationaux avaient pourtant qualifié le vote de "représentatif" de la volonté des Birmans. Arrêtée au moment du putsch, qui a mis fin à une décennie de transition démocratique en Birmanie, Aung San Suu Kyi avait été placée à l'isolement dans une prison de Naypyidaw en juin.

Vers des élections en 2023 ?

Face à ces multiples condamnations, de nombreuses voix dénoncent un acharnement judiciaire qui serait motivé par des considérations politiques : mettre en touche de manière définitive la fille du héros de l'indépendance, et grande gagnante des élections de 2015 et de 2020. Plusieurs de ses proches ont également été condamnés à de lourdes peines par la junte : dont 75 ans de prison pour un ancien ministre, ou encore 20 ans pour l'un de ses collaborateurs. Un ancien député de son parti, Phyo Zeya Thaw, a quant à lui, été condamné à mort, puis exécuté fin juillet dernier. 

La junte se défend de ces accusations, et promet même d'ouvrir des négociations avec Aung San Suu Kyi une fois son procès terminé. "Bien que nous aurions pu prendre des actions plus sévères, nous sommes indulgents avec elle", a déclaré le chef de la junte Min Aung Hlaing, lors d'un entretien en août avec l'émissaire des Nations unies, relayés par un journal d'Etat. Selon lui, son gouvernement "a entamé des démarches judiciaires en accord avec la loi", a-t-il insisté, prenant en exemple l'ancien Premier ministre malaisien Najib Razak et l'ex-Président sud-coréenne Park Geun-hye, condamnés dans le...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...