La sécheresse augmente nécessairement le prix de certains aliments

Bruno Parmentier - Futura Sciences - 30/08
C'est peu de dire qu'il a fait chaud et sec cet été en France et dans la quasi-totalité de l'Europe. Certains experts ont d’ailleurs pu écrire que c'est la plus grande sécheresse en Europe depuis...

C'est peu de dire qu'il a fait chaud et sec cet été en France et dans la quasi-totalité de l'Europe. Certains experts ont d'ailleurs pu écrire que c'est la plus grande sécheresse en Europe depuis 500 ans. Les conséquences sont évidemment multiples et catastrophiques : restrictions d'eau, méga incendies, inondations dévastatrice à venir... Et, bien entendu, grandes difficultés économiques pour les agriculteurs et augmentation importante du prix de l'alimentation. Ce dernier aspect mérite un approfondissement, car tous les aliments ne seront pas logés à la même enseigne.

L'eau douce et accessible sert d'abord à manger

C'est une erreur de penser que l'eau douce sert à se laver les dents le matin, prendre une douche, tirer la chasse d'eau des toilettes, alimenter le lave-vaisselle ou encore à arroser ses fleurs. En fait, à l'échelle globale, ces utilisations sont tout à fait anecdotiques -- ce qui ne doit pas nous empêcher actuellement de veiller à fermer le robinet pendant qu'on se lave les dents, ou de prendre des douches courtes plutôt que de grands bains. L'eau qui tombe sur notre pays sert en fait essentiellement à faire pousser les plantes, et en particulier donc à manger !

La France reçoit chaque année de l'ordre de 500 milliards de mètres cubes d'eau sous forme de pluie et de neige (500 à 2.000 millimètres d'eau suivant les régions). Environ 60 % s'évapore, soit 300 milliards de m3, soit directement, soit via les plantes qui les ont absorbées pour pousser et transpirer. Restent donc 200 milliards qui se répartissent dans les rivières, les lacs et les nappes phréatiques. On en prélève environ 5,5 milliards pour l'eau potable et environ 3 milliards pour l'irrigation -- et autant pour l'industrie.

Les plantes ont été « livrées sans moteur » ! Donc, pour que la sève monte dans la plante, il faut en permanence que cette dernière transpire. Il faut en moyenne une tonne d'eau pour produire un kilo de céréales. Non pas l'eau qui se trouve dans le grain de blé ou le grain de maïs bien sûr, mais l'eau nécessaire pour que la plante transpire, et donc pousse et produise ses grains. Il s'agit évidemment essentiellement d'eau de pluie, et très accessoirement d'eau d'irrigation.

C'est évidemment encore nettement pire quand on mange ou utilise les seuls fruits des arbres, ou ses feuilles, (comme pour le thé) ou seulement ses graines (comme l'amande ou le café). À titre d'exemple, il y a « virtuellement » 200 litres d'eau dans un kilo de tomates, 150 dans un kilo de salade... 2.000 dans un kilo d'avocat et 16.000 dans un kilo de café. Il faut carrément 4 litres d'eau pour produire une seule amande, contre 1,5 litre pour une fraise, et 140 litres pour une...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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