Initialement prévu dans le courant du mois de décembre 2022, le premier vol habité du Starliner de Boeing à destination de la Station spatiale internationale a été reporté de plusieurs semaines. Il est maintenant prévu en février 2023.
Actualité chargée pour Boeing. En parallèle à la préparation de la mission Artemis 1, dont il a développé et construit le lanceur SL, Boeing prépare également le premier vol habité de son véhicule Starliner. Initialement prévu dans le courant du mois de décembre, ce vol à destination de l'ISS, avec les astronautes de la Nasa Suni Williams et Butch Wilmore à bord, est aujourd'hui prévu en février 2023. La Nasa et Boeing ont pour objectif de certifier le système de lancement Starliner lors de cette mission et le déclarer opérationnel afin qu'il débute ses missions commerciales dès l'automne 2023.
Un report de plusieurs semaines qui s'explique par le travail restant à faire pour corriger les « défauts mineurs » rencontrés et identifiés lors du vol de la capsule en mai 2022. Pour rappel, si lors de ce vol d'essai de six jours (OTF-2, Orbital Flight Test 2), le Starliner avait montré qu'il pourrait se rendre sur l'ISS et en revenir en toute sécurité, la mission ne s'était pas parfaitement déroulée. Plusieurs « problèmes jugés mineurs » ont été rencontrés et identifiés, principalement au niveau du système propulsion.
L'un de ces problèmes concernait l'arrêt prématuré de deux des propulseurs de manœuvre orbitale et de contrôle d'assiette (Omac) du Starliner. Le véhicule a également connu des problèmes avec les petits propulseurs du système RCS qui permet le contrôle d'attitude et des manœuvres d'alignement d'attitude extrêmement précises ainsi que des lectures de pression anormalement élevées dans son système de contrôle thermique. Enfin, le capteur électro-optique Vesta (Vision-based Electro-optical Sensor Tracking Assembly) qui permet au Starliner d'identifier la Station afin de s'amarrer au bon port sur le module Harmony ne s'est pas comporté exactement comme prévu bien qu'il ait rempli son objectif.
Le trafic à destination de la Station spatiale internationale pourrait compliquer la tâche de la Nasa qui planifie les rotations des équipes et l'acheminement du fret à bord de cargos spatiaux. Le manifeste de la Station prévoit début mars une rotation d'équipage avec un véhicule russe Soyouz, suivi de la rotation de l'équipage Crew-5 avec Crew-6 avec le Crew Dragon de SpaceX. Le planning prévoit également trois missions cargos (Dragon, Cygnus et Progress) ainsi que la deuxième mission privée avec équipage, commercialisée et organisée par Axiom Space.
Article de Rémy Decourt publié le 28/05/2022
Après plusieurs mois d'incertitude, les voyants passent au vert pour Boeing qui est parvenu à ramener sur Terre le Starliner après une mission de moins d'une semaine. Le vol d'essai et de démonstration inhabité du Starliner s'étant bien déroulé, Boeing et la Nasa devraient se préparer à un vol d'essai habité qui pourrait avoir lieu ces prochains mois.
C'est fait ! Environ quatre heures après avoir quitté la Station spatiale internationale, le Starliner de Boeing a atterri dans la nuit de mercredi à jeudi dans l'enceinte de la base militaire d'essais de missile de White Sands, au Nouveau-Mexique. Contrairement au Crew Dragon de SpaceX qui amerrit dans l'océan Atlantique, au large de la Floride, le Starliner est conçu pour se poser sur la terre ferme à l'aide d'un système de parachutes et d'airbags.
La capsule de Boeing n'est pas revenue à vide. Elle a ramené quelque 300 kilogrammes de fret, dont des réservoirs réutilisables du système de recharge en azote et en oxygène qui fournissent de l'air respirable aux membres de l'équipage de la Station. Ces réservoirs seront remis en état et renvoyés lors d'un prochain vol.
Touchdown, #Starliner. At 6:49pm ET (22:49 UTC), @BoeingSpace's spacecraft landed at White Sands Space Harbor, New Mexico. Today's return from the @Space_Station marks the end of Orbital Flight Test-2, a demo providing data to help certify it to carry astronauts. pic.twitter.com/FPdo9F8XEJ
— NASA (@NASA) May 25, 2022
Cette mission (OTF-2) sans équipage a permis à la Nasa et Boeing de tester les capacités de bout en bout du Starliner et de la fusée Atlas V, du lancement à l'amarrage et au retour sur Terre, ce qui n'avait pas pu être fait lors de la première tentative en raison de problèmes logiciels et techniques qui avaient empêché le véhicule de rejoindre la Station spatiale pour s'y amarrer (décembre 2019). Et donc de corriger les défauts rencontrés lors du premier vol de démonstration et ceux, apparemment sans gravité, qui se sont déclarés lors de la phase d'approche au complexe orbital.
Check out first images from the landing of @BoeingSpace CST-100 #Starliner spacecraft as part of the Orbital Flight Test 2 at the White Sands Space Harbor in New Mexico! ????https://t.co/sulsB282OSpic.twitter.com/8K54oD0oyJ
— NASA HQ PHOTO (@nasahqphoto) May 25, 2022
Si la Nasa déclare la mission réussie, que tous les objectifs sont atteints, Boeing devrait lancer d'ici la fin de l'année la mission CFT. Ce Crew Flight Test est une mission habitée à destination de la Station spatiale. Elle a son importance car elle doit démontrer la capacité de la fusée Atlas V et du Starliner à transporter en toute sécurité des astronautes vers et depuis la Station spatiale dans le cadre du programme d'équipage commercial de l'agence. Ce n'est seulement qu'après cette mission habitée que Boeing devrait démarrer son service de transport d'astronautes pour le compte de la Nasa ou tout autre client privé. Starliner-1 sera le premier vol opérationnel de Boeing à destination de la Station spatiale. Il pourrait avoir lieu dans le courant de l'année 2023. Six vols ont été commandés par la Nasa à Boeing.
Alors que l'Europe tergiverse encore et encore sur l'intérêt de financer un programme de vol habité autonome, les États-Unis ont désormais deux véhicules spatiaux capables de rejoindre la Station spatiale internationale ! Une situation inédite qui offre aux Américains une très grande autonomie d'accès à l'espace pour leurs astronautes. D'autant plus qu'aujourd'hui, envoyer des Hommes dans l'espace est une priorité, que ce soit pour les futures étapes de l'exploration humaine ou l'utilisation de l'orbite basse.
Cette situation met aussi la fin de la dépendance à la Russie ...
[Courte citation de 8% de l'article original]