Plus de 6 mois après le début du conflit qui oppose l'Ukraine à la Russie, les inquiétudes ne faiblissent pas autour de la centrale nucléaire la plus puissante d'Europe à Zaporijia. Alors que le site est occupé par les troupes russes depuis des mois, 14 experts de l'AIEA sont en chemin pour une inspection technique (vérification des réacteurs, du système de refroidissement, ou encore du stock des combustibles usagés), mais aussi militaire afin de déterminer la provenance des tirs en direction de la centrale ces dernières semaines.
L'arrivée des enquêteurs dans la zone reste toutefois incertaine - "plus tard dans la semaine" - au regard des embuches parsemées sur leur chemin. Parmi elles : le passage dans des villes ukrainiennes comme Nikopol - un mort et cinq blessés recensés ce lundi -, sous le feu constant de l'artillerie russe. Autre région en proie à des bombardements : Kherson, où les soldats ukrainiens ont lancé une contre-offensive ce lundi dans l'espoir de se réapproprier leurs terres.
Centrale de Zaporijjia : l'AIEA en chemin. L'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) a annoncé ce lundi envoyer une mission, conduite par son directeur général Rafael Grossi, à la centrale de Zaporijjia, dans le sud de l'Ukraine. Elle doit visiter "plus tard cette semaine" ces installations.
Rafael Grossi réclamait depuis plusieurs mois de pouvoir aller sur place, avertissant du "risque réel de catastrophe nucléaire" après une série de bombardements dont les deux belligérants s'imputent mutuellement la responsabilité. Dans une déclaration ce lundi, les pays du G7, "profondément préoccupés" par les risques d'accident nucléaire à Zaporijjia, ont demandé qu'une totale liberté de mouvement soit accordée aux experts internationaux. "La Russie doit assurer un accès sûr et sans entrave" à l'équipe de l'AIEA, a réclamé un responsable américain, pour qui l'option "la plus sûre" serait une extinction "contrôlée" des réacteurs.
Accusée par Kiev d'avoir positionné des pièces d'artillerie sur le site de la centrale pour pilonner les positions de son armée, la Russie a le même jour jugé "nécessaire" cette inspection, par la voix du porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. L'opérateur ukrainien Energoatom a néanmoins affirmé que les soldats russes "mettaient la pression sur le personnel de la centrale pour l'empêcher de révéler des preuves des crimes de l'occupant".
Dans le même temps, en France, Emmanuel Macron, a affirmé que "la sureté nucléaire ne saurait être fragilisé par cette guerre, donc cette mission (de l'AEIA) est importante : elle doit préserver cette centrale et la sécurité de la région. Le deuxième (point important), c'est que la souveraineté ukrainienne ne doit pas être contestée. Le nucléaire ne doit pas être un objet de la guerre."
Contre-offensive des forces ukrainiennes dans la région de Kherson. Plus au sud, les soldats ukrainiens ont lancé une contre-attaque ukrainienne visant pour l'essentiel à reprendre Kherson, une ville - de 280.000 habitants avant le conflit - tombée aux mains des Russes dès le commencement de la guerre. "Aujourd'hui, il y a eu de puissantes attaques d'artillerie sur les positions ennemies (...) sur l'ensemble du territoire de la région occupée de Kherson. C'est l'annonce de ce que nous attendions depuis le printemps : c'est le début de la fin de l'occupation de la région de Kherson", a assuré Serguiï Khlan, un député local. "L'Ukraine est en train de reprendre ce qui est à elle et reprendra tout au final - les régions de Kharkiv, Lougansk, Donetsk, Zaporijjia, Kherson, la Crimée, les eaux de la mer Noire et de la mer d'Azov (...)", a quant à lui martelé dans son message quotidien du soir le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.
Échec de l'offensive ukrainienne d'après Moscou. Mais, la guerre de communication fait rage. La Russie, de son côté, a aussitôt proclamé avoir repoussé des "tentatives d'offensive" ukrainiennes dans les régions de Kherson et de Mykolaïv, également dans le sud de l'Ukraine. "Pendant la journée (...), les troupes ukrainiennes...
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