Gaz : pourquoi Total s'accroche à la Russie ?

LCI - 26/08
[VIDÉO] - Certains accusent le groupe Total de fournir du kérosène aux avions de chasse russes dans le cadre de la guerre avec l’Ukraine. La direction dénonce des contre-vérités. Mais elle vient, ce vendredi, pourtant de se désengager d’une de ses filiales.

Certains accusent le groupe Total de fournir du kérosène aux avions de chasse russes dans le cadre de la guerre avec l’Ukraine.
La direction dénonce des contre-vérités. Mais elle vient, ce vendredi, pourtant de se désengager d’une de ses filiales.

Le géant des hydrocarbures a-t-il eu peur d'écorner son image ? Sa décision parait soudaine, annoncée par communiqué vendredi après-midi. TotalEnergies, qui condamne d'abord l'agression militaire en Ukraine, a annoncé céder ses parts à son partenaire russe pour l'exploitation d'un de ses champs gaziers. "Le 18 juillet 2022, TotalEnergies et Novatek se sont accordés en vue de la cession par TotalEnergies de la participation de 49% dans la société Terneftegaz qui exploite le champ de gaz et de condensats de Termokarstovoye en Russie dans des conditions économiques permettant à TotalEnergies de recouvrer les montants investis dans ce champ qui lui restent dus", peut-on lire.

Lire aussi

À Termokarstovoye est exploité un condensat de gaz utilisé pour fabriquer du kérosène, lui-même, envoyé pour ravitailler les bombardiers russes en Ukraine, révèle une enquête du journal Le Monde. Total a démenti avant d'annoncer 24 heures plus tard céder cette activité. Il s’agit du troisième abandon en quelques semaines, après un projet pétrolier et un autre gazier.

Pas question d’abandonner la Russie.

"La Russie est le pays le plus important pour TotalEnergies, cela ne veut pas dire que TotalEnergies ferait faillite s'il devait quitter la Russie demain. Mais il perdait environ 1/5 de sa production de pétrole et de gaz," explique Francis Perrin directeur de recherche à l’IRIS dans le reportage TF1 ci-dessus. Total Energies ne compte pas abandonner sa dernière usine sur place, la plus importante. Il y a quatre ans, les équipes de TF1 avaient pu se rendre en Sibérie. Une gigantesque cité industrielle créée avec les Russes. 20.000 ouvriers y exploitent du gaz naturel liquéfié. Le projet représente plus de dix milliards d'euros. À lui seul, le commentaire du PDG Patrick Pouyanné à l'époque éclaire la stratégie d'aujourd'hui : "C'est un peu comme l'homme a atterri sur la Lune. Nous sommes les premiers à construire une usine géante au-delà du cercle polaire Arctique." 

Total restera donc en Russie tant que les Européens n'imposeront pas de sanctions sur le gaz russe. "Le raisonnement est le suivant : si la France et l'Union européenne veulent que nous ne travaillions plus en Russie, il leur suffit d'adopter des sanctions. C'est une façon de dire est-ce que nous ne demandons pas à un groupe industriel de prendre des décisions qui relèvent de la compétence des États." Décision que certains groupes, moins engagés en Russie, ont tout de même déjà prise : ExxonMobil, Shell, BP. Trois champions des hydrocarbures ont annoncé leur retrait du pays.

TF1 | Reportage C. Colin, C. Jouanneau

Sur lemême thème

Tags
  • #Le WE
  • #LE WE 20H
  • #Russie
  • #Ukraine
Topics
  • InternationalGaz russe : l'Europe sous pression
  • InternationalGuerre en Ukraine : un séisme pour l'économie mondiale
Articles
Loading...