Le suppléant d'un député RN affiche son soutien à la Russie : un "abruti" qui "sera viré", lance Louis Aliot

LCI - 25/08
[VIDÉO] - Le suppléant d'un député RN a perturbé une manifestation de soutien aux Ukrainiens à Bergerac, le 24 août. Il a notamment brandi un drapeau pro-russe lors de ce rassemblement. Candidat à la présidence du RN, le maire de Perpignan Louis Aliot l'a qualifié "d'abruti" et annonce sa future exclusion du parti.

Le suppléant d'un député RN a perturbé une manifestation de soutien aux Ukrainiens à Bergerac, le 24 août.
Il a notamment brandi un drapeau pro-russe lors de ce rassemblement.
Candidat à la présidence du RN, le maire de Perpignan Louis Aliot l'a qualifié "d'abruti" et annonce sa future exclusion du parti.

C'est une scène déroutante qui s'est produite le 24 août en Dordogne, devant le palais de justice de Bergerac. Les médias locaux ont en effet rapporté qu'un rassemblement d'une soixantaine de personnes, venues célébrer la fête de l'indépendance ukrainienne, ont été interrompues par l'arrivée d'une voiture blanche où se trouvait Lucas Broucq, le suppléant du député RN local Serge Muller.

"Le jeune homme a exhibé un drapeau d'une république séparatiste pro-russe du Donbass dans l'Est de l'Ukraine, en guerre contre Kiev", relate France Bleu, ajoutant que la situation s'est envenimée, une vitre avant du véhicule ayant été cassée lors de l'incident. Des témoins ont par ailleurs rapporté que le suppléant serait au préalable passé sur les lieux avec son véhicule en multipliant les coups de klaxon et en faisant des gestes décrits comme "hostiles et provocateurs". 

Une réaction rapide dans les rangs du RN

La justice s'est saisie de l'affaire, avec l'ouverture d'une enquête pour provocation à la haine ou à la violence est ouverte. Pour autant, le caractère injurieux des faits et/ou des mots qui se sont tenus n'est pour l'heure pas établi. Une prudence partagée par le député Serge Muller, qui n'a pas voulu accabler son suppléant. "Je ne partage pas sa position. C'est assez maladroit de sa part dans un moment aussi solennel pour les Ukrainiens", a-t-il réagi, tout est estimant que l'on peut "tous commettre une erreur". L'élu n'était, assure-t-il, pas au courant que Lucas Broucq serait présent lors de cet événement. "Je condamne, je ne soutiens pas, mais il reste malgré tout le jeune homme plein d'envies, d'idées pour notre mouvement", a-t-il insisté.

Cette réaction s'avère beaucoup plus modérée que celle de Louis Aliot, le maire RN de Perpignan. Candidat à la présidence du parti, il a réagi sur BFMTV et condamné très fermement ces actes. "C'est un exemple de débilité politique et il sera de toute façon traduit devant nos instances disciplinaires et viré du Rassemblement national", a lancé l'élu, qualifiant le suppléant "d'abruti".

"La cellule de déontologie du RN a été saisie", a ajouté mercredi le député de la 12e circonscription du Nord Michael Taverne. Au sein du parti, "nous sommes bien évidemment aux côtés du peuple ukrainien", a-t-il tenu à souligner, au micro de BFMTV. Dans le Perigord, les opposants au député Serge Muller se sont rapidement saisi de l'affaire : le député sortant LREM du Bergeracois, renversé aux dernières législatives, a réagi en pointant "le vrai visage du Lepénisme pour lequel la majorité des petites communes du Bergeracois a voté". Dans les rangs de la Nupes, la députée Pascale Martin (élue dans la première circonscription de la Dordogne) a pour sa part déploré une "attaque haineuse contre le peuple ukrainien".

Thomas Deszpot

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