Elle s'étend sur près de la moitié de la planète mais ne bénéficie toujours d'aucune protection. La haute mer, qui représente 64 % des océans, fait de nouveau l'objet de négociations à l'ONU, à New York, depuis lundi 15 août. L'objectif des États membres : aboutir à un traité international visant à protéger ces eaux profondes qui regorgent de biodiversité et constituent un énorme puits de carbone.
La haute mer commence là où s'arrêtent les zones économiques exclusives (ZEE - bandes de mer ou d'océan situées entre les eaux territoriales et les eaux internationales, sur lesquelles les États riverains disposent de l'exclusivité d'exploitation des ressources). Située à 200 miles nautiques des côtes maximum, soit 370 km, la haute mer n'est, elle, placée sous la juridiction d'aucun État.
Dans sa résolution 72/249 du 24 décembre 2017, l’Assemblée générale de l'ONU a décidé de convoquer une conférence intergouvernementale afin d'élaborer le texte d’un instrument international juridiquement contraignant se rapportant à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer et portant sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale.
De plus en plus menacées par les activités humaines, les eaux internationales ont longtemps été ignorées au profit de la protection des zones côtières. Aujourd'hui, l'intensification de la pollution, de la surpêche, du réchauffement des océans dû au changement climatique, ou encore de l'exploitation minière et pétrolière rend la prise de décision de plus en plus impérieuse. Mais plusieurs intérêts sont en jeu et les négociations patinent.
Au large, la situation est préoccupante :