Jeanne d'Arc, icône LGBT+

Anne-Laure Pineau - Slate FR - 18/08
Depuis le XVe siècle, la paysanne devenue chevalière puis sainte, fascine. On ne compte plus celles et ceux qui la considèrent comme défenseuse de leurs valeurs. Après l'extrême droite, la communauté LGBT+ tient à le dire: Jeanne est à elle.

Sainte et hérétique, paysanne et lettrée, pucelle et chevalière… depuis toujours, Jeanne d'Arc est un personnage si baroque, si anticonformiste, si pluriel, qu'il permet à tout un chacun de se l'approprier. Même si elle ne fut canonisée qu'en 1920, soit 500 ans après sa mort, pour l'Église, elle n'est qu'une sainte à qui Dieu a confié une mission, et qui accomplit miracles et croisade.

L'extrême droite y voit une Charles Martel au féminin: une pieuse Française, dévouée à servir son pays en boutant les Anglais hors de France. C'est après s'être recueillis aux pieds de sa statue à Paris, le 1er mai 1995, que des militants du Front national jetèrent Brahim Bouarram dans la Seine.

Quant aux artistes hommes, ils sont nombreux à expliquer son héroïsme par de la pure naïveté (Cecil B. DeMille), à présenter son choix comme stupide (Leonard Cohen) ou comme de la folie pure et simple (Luc Besson): sa posture guerrière ne saurait s'expliquer autrement. Après tout, c'est une femme. Ces voix ont longtemps mobilisé tout l'espace, des petites chapelles aux multiplexes, pour évoquer sa personne.

Une icône féministe et queer

Heureusement, la pucelle de Domrémy existe aus...
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