Le droit de vote des étrangers revient dans le débat public

LCI - 16/08
[VIDÉO] - Le député de la majorité Sacha Houlié souhaite ouvrir à tous les étrangers "le droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales". La proposition a déjà été souhaitée par deux présidents socialistes, qui ont échoué à la mettre en place. Cette fois-ci encore elle semble compromise, la majorité étant divisée sur le sujet.

Le député de la majorité Sacha Houlié souhaite ouvrir à tous les étrangers "le droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales".
La proposition a déjà été souhaitée par deux présidents socialistes, qui ont échoué à la mettre en place.
Cette fois-ci encore elle semble compromise, la majorité étant divisée sur le sujet.

En plein cœur de l’été, le député Renaissance Sacha Houlié a remis dans le débat public la question du droit de vote des étrangers. Le mardi 9 août dernier, il a indiqué avoir déposé une proposition de loi pour "accorder le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales" à tous les étrangers, même non européens. Depuis 1992, seuls les citoyens des pays membres de l’Union européenne peuvent voter aux élections municipales, et plusieurs gouvernements ont déjà souhaité élargir ce droit, sans y parvenir.

La proposition du parlementaire de la majorité a été favorablement accueillie à gauche, où cette question est un serpent de mer depuis plusieurs décennies. En effet, le droit de vote des étrangers aux élections locales avait été promis par François Mitterrand et François Hollande, sans aboutir. En 1981, cette revendication était reprise par le premier dans son programme de campagne avant sa première élection à la présidence de la République, avant de réaffirmer ce souhait 1988, qui restera lettre morte. 

"Une occasion rêvée pour montrer que l’Assemblée peut voter des textes de gauche"

Si Nicolas Sarkozy s'était déclaré favorable à ce droit à titre personnel il n'en a jamais fait un élément de programme, contrairement à François Hollande. Mais souvent annoncée puis ajournée, cette mesure qui nécessite une révision constitutionnelle n'a jamais été adoptée par le gouvernement socialiste du prédécesseur d'Emmanuel Macron. 

"Ce que la gauche n’a pas eu le courage de faire sous François Hollande, (...) elle peut le faire à présent. C’est une occasion rêvée pour montrer que l’Assemblée nationale peut voter des textes de gauche", a plaidé l'ancien ministre PS François Rebsamen, rappelant qu'un texte en ce sens avait été adopté par l'Assemblée nationale et le Sénat, alors à majorité de gauche, en 2011.

Une proposition qui fait débat au sein de la majorité

Mais l’adoption de cette proposition de Sacha Houlié s’annonce difficile, puisqu’elle fait débat au sein même de la majorité. Ce mardi 16 août sur LCI, la secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse et du Service national universel Sarah El Haïry s’est opposée à cette proposition, prônant plutôt la naturalisation. "L’expression démocratique du vote, moi, je pense, mais à titre personnel, et le débat arrivera à l’Assemblée au sein de la majorité, qu’il y a quelque chose de fort que de demander à entrer dans notre communauté et de faire une demande de naturalisation", a-t-elle expliqué dans "un avis et une conviction très personnelle". 

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Peu de temps après la proposition du député de la Vienne, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait indiqué via son entourage qu’il était "fermement opposé à cette mesure". L’ancien ministre de gauche Jean-Pierre Chevènement, soutien de la majorité, est lui aussi réticent, estimant que "citoyenneté et démocratie ne peuvent être déconnectés" et soutient plutôt "la naturalisation, accompagnée d’un parcours d’intégration républicaine ouvert et exigent". Un débat aura lieu à la rentrée à ce sujet, qui promet déjà de diviser la classe politique.

J.F

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