Le gouvernement espagnol a approuvé le 17 mai un projet de loi sur la création d'un congé menstruel. Celui-ci s'adresse aux femmes qui souffrent de règles douloureuses. Elles auraient ainsi la possibilité de prendre trois jours de congé, cinq en cas de symptômes aigus. L'arrêt devra être signé par le médecin traitant et le salaire pris en charge par la Sécurité sociale espagnole. Le texte doit encore être voté au Parlement pour entrer en vigueur.
Élise Thiébaut, journaliste et autrice de Ceci est mon sang, défend le congé menstruel mais pas selon la formule espagnole. «Le texte prévoit trois à cinq jours d'arrêt pour les personnes qui ont des règles très douloureuses. Cela concernera probablement des personnes qui souffrent d'endométriose. Il faudrait alors en apporter la preuve, ce qui pourrait constituer encore davantage de discrimination envers ces femmes, un frein à leur carrière et à leur embauche. Par ailleurs, l'endométriose ou le syndrome des ovaires polykystiques sont des maladies qui doivent être prises en charge par la Sécurité sociale», explique la militante féministe.
Élise Thiébaut défend toutefois le congé menstruel pour soulager «les femmes les plus précaires, qui occupent les métiers les plus pénibles –caissières, femmes de ménage, ouvrières– et dont on sait que ce sont elles qui vivent le plus durement leurs règles». «Les changements doivent se faire pour elles et bénéficier à toutes», précise-t-elle. Pour la journaliste, l'entreprise, étant responsable devant la loi du bien-être et de la santé de ses salairés, doit à ce titre prendre en compte la spécificité des règles.
«Les femmes ont leurs règles,...
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