Passé et présent de la terreur afro-américaine

Diego Salgado - El País - 13/08
Porté par le mouvement Black Lives Matter, "l'horreur noire" connaît un essor inhabituel dans les œuvres critiquant la fracture raciale

Le succès au box-office américain des trois films réalisés à ce jour par Jordan Peele - Let Me Out (2017), Us (2019) et NOP (2022) - a inspiré la résurgence du cinéma d'horreur et de fantasy afro-américain qui boit dans à parts égales de l'actualité enragée de Black Lives Matter et de l'intérêt pour la généalogie culturelle de toute une communauté.

Sans aucun doute l'un des aspects les plus suggestifs de NOP, qui s'ouvre dans notre pays le 19 août, est la revendication par le réalisateur Jordan Peele de la présence afro-descendante à l'origine même de l'image en mouvement. Peele avait déjà lié dans Let Me Out and Us les dilemmes raciaux que traverse son pays à des courants sous-jacents qui remontent à la genèse même des États-Unis en tant que nation ; mais dans NOP il va plus loin en rappelant que l'industrie hollywoodienne a aussi fondé la production de ses grands spectacles caractéristiques sur l'absence et le silence de nombreuses contributions, notamment celles des Afro-Américains.

Des classiques comme "La naissance d'une nation" (1915, D. W. Griffith) sont des films d'horreur pour le public afro-américain, selon le spécialiste Robin R. Means Coleman.

La vérité est que l'impact des films de Pe...
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