Maroc : les chemins complexes du statut des femmes

Hakima Fassi Fihri - LePoint - 10/03
ANALYSE. Bien qu’un gap important sépare encore le droit et les aspirations d’une partie des femmes, un mouvement fort est en marche, malgré les résistances.

Au moment où l'actualité au Maroc est marquée par la campagne #Stop490, lancée en février 2021 par le collectif Hors la loi, fondé en 2019 pour demander notamment la dépénalisation des relations sexuelles hors mariage, et que demeure ouverte, depuis plus de deux ans, la demande de changement de la loi relative à l'héritage des femmes au Maroc, se pose plus que jamais la question du modèle de société attendu par une partie de plus en plus audible de la société marocaine.

À cette question vient s'ajouter celle, sous-jacente, de l'articulation entre islam et modernité au Maroc – un pays où, en raison de la Constitution, l'islam est religion d'État.

Une réforme en faveur des droits des femmes et de l'enfant

Une Marocaine tient une pancarte sur laquelle est écrit « Arrêtez la violence… contre les femmes » lors d’un rassemblement marquant la Journée internationale de la femme, le 8 mars 2014, à Rabat. © Fadel Senna/AFPLes indicateurs montrent des avancées encourageantes en matière de statut des femmes au Maroc depuis les années 2000, y compris concernant leurs droits au sein de la famille, avec, en premier lieu, la réforme du Code de la famille de février 2004, qui avait répondu à une attente nationale forte, en écho avec le mouvement international, considérant la lutte contre les inégalités hommes-femmes comme facteur de développement et de cohésion sociale, à l'aune notamment du 5ᵉ objectif des Objectifs de développement durable 2015-2030 de l'ONU, relatif à l'égalité entre les sexes.

Cette réforme avait consacré l'égalité entre les époux dans la direction du foyer, à travers leur coresponsabilité au sein de la famille – et, par là même, la disparition du concept de l'homme chef de famille.

De plus, e...
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