Elsa Schiaparelli: grandeur, décadence et renaissance

Elodie Palasse-Leroux - Slate FR - 06/08
La créatrice de mode italienne, pionnière dans les années 1930, fit entrer le surréalisme dans la haute couture, rager Coco Chanel et inspira des générations de designers. Non sans quelques compromissions avec le régime de Vichy.

Grâce à l'appui du couturier Paul Poiret, qui ne cache pas son admiration pour elle, la réputation d'Elsa est faite. Sa décision de faire carrière dans la mode aussi. Sa signature est d'une technicité parfois complexe (elle insiste sur le fait qu'il faut «entraîner le corps à s'adapter à la robe») et pleine d'originalité, mais n'entrave jamais celle qui s'habille en Schiaparelli.

Les lignes des vêtements ne sont pas extravagantes, mais certains des motifs ou des thèmes qu'elle impose (notamment dans les tenues de soirées) sont assurés de lancer la conversation, comme ces somptueux profils de femmes dessinés par Jean Cocteau, ou la robe homard imaginée par Dalí, créée après son célèbre téléphone. Cette dernière, arborant un symbole phallique placé au niveau du pelvis, fit scandale.

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Les accessoires de Schiaparelli déploient tout un inventaire surréaliste: bottines chevelues (un hommage à L'Amour désarmé de René Magritte), gants «griffes» (ongles vermillon ou dorés intégrés), pochette de soirée cadran de téléphone et poudrier coordonné, chapeau-chaussure (Dalí encore, en 1937), chapeau masque ou chapeau à œilleton pour espionner (sans aucun espoir de passer inaperçue), chapeau mains bijoutées, chapeau caresse (un poil inquiétant), l'inénarrable chapeau poule, ou ...
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