Pourquoi les politiques se sentent-ils obligés de mentir ?

The Conversation France - LePoint - 01/08
Toute vérité est-elle bonne à dire en politique ? Pas sûr. L’affaire Taha Bouhafs, qui a agité LFI et les législatives, permet d’esquisser un début de réponse.

Quel rapport les politiques entretiennent-ils à la vérité ? La question est vaste, mais on peut entamer une amorce de réponse en revenant sur l'« affaire Taha Bouhafs » qui a agité la dernière campagne des élections législatives.

Le 10 mai 2022, le « journaliste-militant » annonçait sur Twitter se retirer de la course à la députation dans la 14e circonscription du Rhône. Pour expliquer son retrait, il accusait alors un système fait pour « broyer », lui interdisant « d'exister politiquement ».

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Il est vrai que les nombreuses polémiques entourant Taha Bouhafs avaient fait le bonheur de ses détracteurs : accusations de communautarisme, d'antisémitisme, « exubérance » – lorsqu'on le voyait agiter un masque de Marine Le Pen au bout d'une pique dans une manifestation en 2016 –, rien ne manquait pour servir la propagande adverse.

Accusations de violences sexuelles

À partir du 11 mai, le paradigme change. On apprend dans la presse qu'une enquête avait été ouverte quelques jours plus tôt par le comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles de LFI contre l'ex-candidat, mis en cause par une femme l'accusant de violences sexuelles. La veille de son retrait, Taha Bouhafs est mis au courant de cette accusation. A-t-il été désinvesti à cause de cette plainte ? S'est-il retiré, comme il le dit dans son communiqué, à cause du racisme ambiant, ou alors pour étouffer l'affaire ?

Le 5 juillet, le jeune militant publie sur Twitter sa v...
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