« L’Île aux enfants » : nous nous sommes tant aimés

Philippe Guedj - LePoint - 01/08
La disparition de Christophe Izard rappelle à quel point sa création la plus populaire marqua pour toujours deux générations de téléspectateurs. Hommage.

Christophe Izard. Pour les tympans des enfants, ce patronyme promettait l'évasion. On venait à peine d'apprendre à lire mais ce nom-là, nos rétines le fixaient en un battement de cils dès son apparition à l'écran. Izard, hasard, bizarre… wizard comme diraient les Anglo-Saxons pour désigner un mage bienveillant. Un champ lexical magique. La certitude d'un voyage en terres imaginaires avant le dîner.

Izard, c'était un peu notre Homère moderne. Go Nagai était celui du Japon avec Goldorak, Stan Lee celui de l'Amérique avec Spider-Man… Et Christophe Izard, leur homologue tricolore. Plus humble, moins fulgurant avec ses marionnettes, ses comédiens sous costume en mousse et ses mondes merveilleux recréés sur les plateaux de la SFP. Mais sans lui, sans eux, notre enfance aurait poussé avec quelques étoiles de moins dans les yeux. Izard accoucha lui aussi de mythes enchanteurs, particulièrement avec les aventures de Casimir : bon sang, qu'est-ce qu'on y a cru, du haut de nos six ans, à cette Île aux enfants  !

Certes, la carrière de Christophe Izard, dont on vient d'apprendre la disparition à l'âge de 85 ans, ne se résume pas à l'émission culte qui fit du gros monstre orange un… monstrueux phénomène de société dans la France de Giscard. Le mag...
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