Si vous pensiez que les liens entre sérotonine et dépression étaient clairs et limpides, la lecture de cette revue systématique devrait vous surprendre. En réalité, selon son propos, la théorie de l'équilibre neurobiologique de la dépression ne serait pas supportée par les preuves empiriques dont nous disposons.
Montons à bord d'une machine à remonter le temps : nous sommes en 1967 lorsque l'article intitulé Biochimie des troubles affectifs est publié dans la littérature scientifique par Alec Coppen. C'est lui qui présente pour la première fois l'idée que la dépression et d'autres troubles pourraient avoir une explication biologique. Dans le viseur, les monoamines (dont la dopamine et la sérotonine), une famille de neurotransmetteurs dont les fonctions sont diverses. Si le modèle proposé n'élude pas les causes environnementales de ces troubles, il se concentre sur l'aspect strictement biochimique de leur explication. L'idée qu'il existerait une perte des neurotransmetteurs qui induirait des troubles, est déjà présente.
Si l'article est novateur en ce sens qu'il propose des causes quantifiables à des troubles affectifs, les éléments dont il dispose pour supporter sa vision des choses sont minces. Ce qui pousse l'auteur ...
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