Macron et Mohammed ben Salmane à l'Élysée : une rencontre qui déchaîne la colère des ONG et de l'opposition

LCI - 28/07
[VIDÉO] - Le prince héritier saoudien rencontre jeudi soir Emmanuel Macron à l'Élysée pour un "dîner de travail". Un entretien qui provoque la polémique, plus de trois ans après l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. L'Elysée assure que Macron "abordera la question des droits de l'homme" lors de ce dîner.

Le prince héritier saoudien rencontre jeudi soir Emmanuel Macron à l'Élysée pour un "dîner de travail".
Un entretien qui provoque la polémique, plus de trois ans après l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.
L'Elysée assure que Macron "abordera la question des droits de l'homme" lors de ce dîner.

Le rendez-vous, qui signe un peu plus sa "réhabilitation" sur la scène internationale, fait polémique. Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, est reçu, ce jeudi, par Emmanuel Macron à l'Élysée à l'occasion d'un "dîner de travail", prévu à 20h30. Une rencontre qui intervient moins de deux semaines après la visite du président américain Joe Biden en Arabie saoudite. 

Cette visite - la première en Europe depuis l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, en 2018 - suscite la colère des ONG de défense des droits humains et des oppositions politiques. Si celui que l'on appelle aussi "MBS" est salué pour ses réformes dans son pays, il est très critiqué pour la répression menée contre ses dissidents. Deux ONG ont d'ailleurs profité de son arrivée à Paris pour déposer une plainte le visant au tribunal judiciaire de Paris, pour complicité de torture et de disparition forcée en lien avec l'assassinat de Jamal Khashoggi.

Une "réhabilitation" intolérable

"La visite de MBS en France et de Joe Biden en Arabie saoudite ne changent rien au fait que MBS n'est autre qu'un tueur", a déploré auprès de l'AFP Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty international, qui avait mené une enquête sur le meurtre de Khashoggi quand elle était rapporteure spéciale pour l'ONU. Sur les réseaux sociaux, l'ONG dénonce une rencontre qui fait office de "réhabilitation". Intolérable, selon elle. 

"MBS peut apparemment compter sur Emmanuel Macron pour le réhabiliter sur la scène internationale malgré le meurtre atroce du journaliste Jamal Khashoggi, la répression impitoyable des autorités saoudiennes contre toute critique, et les crimes de guerre au Yémen", dénonce pour sa part, sur Twitter, la directrice pour la France de Human Rights Watch, Bénédicte Jeannerod. Son retour en grâce auprès de chefs d'État occidentaux est "d'autant plus choquant que nombre d'entre eux ont exprimé à l'époque leur dégoût (pour le meurtre) et leur engagement à ne pas ramener MBS dans la communauté internationale", ajoute-t-elle.

"Du pétrole et des armes"

Yannick Jadot (EELV) n'a pas non plus manqué de fustiger cette visite controversée. "Au menu du dîner entre Emmanuel Macron et MBS le corps démembré du journaliste Khashoggi ? Le chaos climatique ? La paix et les droits humains (...) Non ! Du pétrole et des armes ! L'exact opposé de ce qu’il faut faire !", a-t-il dénoncé sur Twitter.  

Même son de cloche pour Sandrine Rousseau. Sur le réseau social, l'élue EELV abonde : "Mohammed ben Salmane sanctionne de peine de mort l’homosexualité, donne aux femmes un statut de mineures, achète des armes à la France pour tuer les civils au Yémen, commandite le meurtre de Jamal Khashoggi. MAIS a du pétrole DONC est reçu à l’Élysée", dénonce-t-elle.

Dans les rangs de la Nupes, le député Jean-François Coulomme déplore qu'un "monstrueux tyran, ami du président Macron", soit reçu sur le sol français. "Ecœurant", conclue-t-il. Bien plus à droite de l'échiquier politique, le député européen RN Gilbert Collard dénonce, lui, une rencontre avec un dirigeant "infréquentable". "Pour Macron, le pétrole n'a ni odeur ni horreur", tance-t-il sur Twitter. 

L'Exécutif défend la "nécessité du dialogue"

Au contraire, la cheffe de file des députés du parti présidentiel Renaissance Aurore Bergé a jugé "important que le président de la République puisse recevoir un certain nombre de ceux qui sont de facto ses interlocuteurs (...) d'autant plus dans le contexte que l'on connaît, lié (...) aux enjeux énergétiques majeurs que nous avons"....
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...