Polémique McKinsey : le montant des missions des cabinets de conseil va être plafonné

LCI - 28/07
[VIDÉO] - Le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques a annoncé plafonner le recours aux cabinets de conseil à 2 millions d'euros par mission dès 2023. Stanislas Guerini promet aussi plus de transparence grâce à la publication des détails de chaque mission. Entre 2018 et 2022, 226 millions d'euros ont été dépensés en prestations de conseils.

Le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques a annoncé plafonner le recours aux cabinets de conseil à 2 millions d'euros par mission dès 2023.
Stanislas Guerini promet aussi plus de transparence grâce à la publication des détails de chaque mission.
Entre 2018 et 2022, 226 millions d'euros ont été dépensés en prestations de conseils.

"Scandale d’État" selon l'opposition, "phénomène tentaculaire" pour le Sénat, pratique "répandue, habituelle et utile" d'après le gouvernement : les termes sont nombreux pour décrire le recours aux cabinets de conseil privés par les ministères pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron. La question de l'influence des cabinets de conseil avait notamment fait polémique début 2022 avec le scandale McKinsey. 

Pour faire taire les critiques, le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques Stanislas Guerini a annoncé, ce mercredi 28 juillet, plafonner le recours aux cabinets de conseil par principe à 2 millions d'euros dès 2023. Les prestations dont le coût excède ce plafond devront faire l'objet d'un appel d'offres distinct, une procédure que le ministère espère assez contraignante pour convaincre les ministères de renoncer aux missions trop onéreuses.

Autre mesure : le ministre promet davantage "de transparence" grâce à la publication "mission par mission" des montants en jeu, du commanditaire, du prestataire ainsi que de l'intitulé de la prestation. "S’il doit y avoir non-publication, c’est pour des raisons argumentées" comme "des intérêts de défense", a nuancé Stanislas Guerini.

Il souhaite également limiter le recours au même prestataire privé à maximum deux contrats consécutifs. Dans l'hypothèse où un prestataire serait choisi pour effectuer deux missions d'affilée, leur coût cumulé ne devra pas dépasser le plafond de 2 millions d'euros.

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226 millions d'euros dépensés en prestations de conseil entre 2018 et 2022

Mais ces différentes mesures vont-elles réellement changer les choses ? Dans un rapport très critique publié en mars 2022, la sénatrice Eliane Assassi (groupe CRCE à majorité communiste) et Arnaud Bazin (Les Républicains) affirmaient que le coût de la plupart des missions de conseil se chiffrait en règle générale en dizaines ou centaines de milliers d'euros, soit bien en dessous du nouveau plafond de 2 millions. Ce document avait notamment mis en évidence des liens supposés entre Emmanuel Macron et l'entreprise McKinsey dont la filiale française n'a jamais payé d'impôts. 

Au total, sur la période 2018-2022, ce sont plus de 226 millions (hors taxes) qui ont été dépensés par l'Etat en prestations de conseil "en stratégie, en organisation et en efficacité opérationnelle", a détaillé Stanislas Guerini à l'AFP. Dans le cadre des nouvelles règles, l'Etat souhaite limiter ses dépenses de conseil à 150 millions d'euros entre 2023 et 2027, "avec un plafond maximum de 200 millions d'euros en cas de besoin".

Léa Prati avec AFP

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