Le géant gazier russe Gazprom a annoncé lundi qu'il réduirait dès mercredi drastiquement, à 33 millions de mètres cubes quotidiens, les livraisons de gaz russe à l'Europe via le gazoduc Nord Stream, arguant de la nécessité de maintenance d'une turbine.
Le ministère allemand de l'Economie a toutefois affirmé qu'il n'y a "aucune raison technique" de procéder à de nouvelles baisses de livraison. Selon Berlin, il s'agit d'un "prétexte" et d'une décision "politique" pour peser sur les Occidentaux dans le cadre du conflit en Ukraine.
De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé que la Russie menait une "guerre gazière ouverte contre l'Europe unie" et a appelé cette dernière à "riposter" en renforçant les sanctions. Les Occidentaux accusent Moscou de se servir de l'arme énergétique en représailles des sanctions adoptées après l'offensive contre l'Ukraine.
EXPORTATIONS DE CÉRÉALES
Et alors que Kiev se dit prête à exporter de nouveau ses céréales, les mines installées en mer Noire, qui ne seront pas retirées, vont compliquer la tâche. Explications.
L'ALLEMAGNE RELANCE LE DÉBAT SUR LE NUCLÉAIRE
Et l'annonce de Moscou relance le débat jusqu'ici enterré du nucléaire en Allemagne, pays européen très dépendant du gaz russe. "Nous suivons la situation de très près en échange étroit avec l'agence fédérale des réseaux et l'équipe de crise du gaz", a déclaré le ministère allemand de l'Économie dans un communiqué, tout en indiquant qu'il trancherait "dans les prochaines semaines" sur une prolongation des dernières centrales nucléaires, devant fermer définitivement en fin d'année.
MOSCOU RÉDUIT ENCORE PLUS LE GAZ VERS L'EUROPE
Dans l'actualité d'hier soir sur le conflit ukrainien, Gazprom a annoncé réduire encore plus les livraisons de gaz vers l'Europe. Concrètement, le gazoduc Nord Stream va, dès mercredi, livrer quotidiennement 33 millions de mètres cubes par jour, environ 20% de sa capacité. De quoi alimenter les discussions européennes ce mardi, alors que les ministres de l'Énergie se rencontrent justement à Bruxelles pour parler du gaz.
Parallèlement, les exportations de céréales bloquées en Ukraine depuis le début de l'invasion russe le 24 février devraient reprendre "dès cette semaine", a déclaré le ministre ukrainien de l'Infrastructure Oleksandre Koubrakov, dans la foulée d'un accord conclu le 22 juillet à Istanbul entre Kiev, Moscou et la Turquie, sous l'égide de l'ONU.
Dans un entretien téléphonique avec M. Koubrakov, le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a exprimé la "satisfaction" de la Turquie à cette annonce. "Il est important qu'un premier navire puisse partir le plus vite possible" a-t-il estimé. "Les travaux continuent de manière intense au Centre conjoint de coordination", a-t-il ajouté sans donner de date. Ce centre sera chargé de conduire les inspections de navires au départ et au retour de la Mer noire, comme l'exigeait Moscou.
La Russie a affirmé lundi que ses frappes sur Odessa visaient des cibles militaires et n'entravaient pas la reprise des exportations de céréales. Moscou a assuré avoir détruit dans ce port du sud de l'Ukraine un bâtiment de guerre et des missiles fournis par les États-Unis. Les bombardements sur Odessa "visent uniquement l'infrastructure militaire", a affirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Sur le terrain, la guerre ne connaît pas de répit sur les fronts de Mykolaïv (sud), dans la région de Kharkiv (nord-est), la deuxième plus grande ville d'Ukraine, dans celle de Kherson (sud) et dans les deu...
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