L'annonce est venue du chef de la diplomatie russe. Mercredi, Sergueï Lavrov a affirmé que Moscou ne se concentrait plus seulement sur l'est de l'Ukraine, mais souhaitait élargir son offensive dans le pays, notamment vers le sud. Face à ces annonces, Kiev a de nouveau réclamé à ses alliés davantage d'armes et de nouvelles sanctions contre le Kremlin. Enfin, l'Europe s'inquiète de potentielles coupures de gaz russe, dont elle reste dépendante, cet automne et cet hiver, et a présenté un plan visant à réduire de 15% la demande européenne, tandis que le gazoduc Nord Stream reste au cœur des tensions entre Moscou et Bruxelles.
Des objectifs russes élargis. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé que les objectifs de la Russie ne se limitaient plus uniquement à l'est de l'Ukraine, mais concernaient également d'"autres territoires" et pourraient encore s'étendre. Partie à l'assaut le 24 février, la Russie avait dit vouloir se concentrer sur le bassin du Donbass, une région minière en partie contrôlée par des séparatistes prorusses depuis 2014. "Ce ne sont plus seulement les républiques populaires de Donetsk et Lougansk (deux territoires séparatistes de l'est de l'Ukraine, ndlr), ce sont aussi les régions de Kherson et de Zaporijjia (dans le sud, ndlr) et une série d'autres territoires et ce processus continue, de façon constante", a déclaré Sergueï Lavrov à l'agence de presse Ria-Novosti et à la chaîne de télévision RT.
Pas de discussions de paix. Le chef de la diplomatie russe a profité de cette interview pour affirmer que mener des pourparlers avec Kiev n'aurait "aucun sens dans la situation actuelle", estimant que de précédents contacts avaient "seulement révélé l'absence de volonté, chez la partie ukrainienne, de discuter sérieusement de quoi que ce soit". Le conflit doit entrer dans son sixième mois le 24 juillet prochain.
Renforcer les sanctions et accélérer les livraisons d'armes. L'Ukraine a répondu à ces annonces russes en réclamant plus d'armes et des sanctions supplémentaires contre Moscou. "Les Russes veulent du sang, pas des négociations. J'appelle tous les partenaires à renforcer les sanctions contre la Russie et à accélérer les livraisons d'armes à l'Ukraine", a écrit le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba. La Première dame ukrainienne Olena Zelenska, en visite aux États-Unis, a pour sa part prononcé un vibrant plaidoyer devant le Congrès américain : "Je vous demande davantage d'armes (...) pour protéger les maisons de chacun et le droit de se réveiller vivant dans ces maisons", a-t-elle lancé.
La guerre du gaz. Gazprom a annoncé, jeudi matin, avoir rouvert son gazoduc Nord Stream, qui approvisionne principalement l'Allemagne. "Il fonctionne", a déclaré un porte-parole de la société Nord Stream à l'AFP, sans toutefois préciser la quantité de gaz en cours d'acheminement. Le gouvernement allemand craignait que ce pipeline ne soit pas rouvert par Moscou après la mise en place de travaux de maintenance. L'Europe s'inquiète de pénuries de gaz cet automne et cet hiver. L'installation ne livre en effet plus qu'à 40% de ses capacités depuis mi-juin.
Un plan contesté. À Bruxelles, la Commission européenne prépare les esprits à des pénuries de gaz qui risquent de freiner l'activité économique et entraîner des difficultés pour se chauffer pendant l'hiver. La Russie couvrait 40% de l'approvisionnement en gaz de l'Europe jusqu'à l'an dernier. Mais le plan européen ne fait pas l'unanimité. Le gouvernement espagnol s'est dit opposé à la réduction de la consommation de gaz d'au moins 15% souhaitée par Bruxelles pour l'ensemble des États membres de l'Union européenne, jug...
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