Les pompiers mis en difficulté par des sautes de feu en Gironde : mais de quoi parle-t-on ?

LCI - 18/07
[VIDÉO] - Depuis une semaine, les feux de forêt font rage en Gironde, brûlant plus de 15.000 hectares. Le travail des pompiers est mis en difficulté par des "sautes de feu". Ce phénomène est facilité par un certain état de la végétation et des conditions météorologiques particulières.

Depuis une semaine, les feux de forêt font rage en Gironde, brûlant plus de 15.000 hectares.
Le travail des pompiers est mis en difficulté par des "sautes de feu".
Ce phénomène est facilité par un certain état de la végétation et des conditions météorologiques particulières.

Une semaine seulement après le début des incendies dans le secteur de Landiras et dans la commune de La Teste-de-Buch en Gironde, le travail des sapeurs-pompiers est ralenti par des reprises de feu favorisées par des conditions météorologiques particulières. Ces "sautes de feu" permettent à l’incendie de continuer à se propager malgré les efforts des soldats du feu pour circonscrire le brasier.

Lors de sautes de feu, l’incendie ne se propage pas d’arbustes en arbustes à travers un contact direct de la flamme. Au lieu de cela, des morceaux enflammés montent dans l'atmosphère, parfois à plusieurs centaines de mètres de hauteur. Ils sont portés par une colonne d’air chaud, elle-même créée par la puissance thermique que dégage le foyer d'un incendie.

C'est vraiment une difficulté majeure

Pierre Schaller

"Il y a une telle quantité de végétation qui brûle et un tel dégagement de puissance thermique que la colonne d’air qui est au-dessus du feu va avoir tendance à monter avec beaucoup de vitesse", décrit Pierre Schaller, sapeur-pompier volontaire et expert auprès du SDIS des Bouches-du-Rhône. Les morceaux enflammés vont ensuite partir avec le vent et retombent beaucoup plus loin que le front du feu. De nouveaux foyers se créent alors, sautant parfois une route, une ligne d’habitation ou encore des zones de végétation.

Or ces reprises de feu, difficilement prévisibles, compliquent le travail des pompiers. "Les moyens qu’on va envoyer pour éteindre la saute de feu ne se déplaceront jamais aussi vite que les morceaux de bois enflammés qui se sont déplacés dans la colonne d’air", justifie Pierre Schaller, "on est face à un adversaire qui est extrêmement rapide, qui s’affranchit des distances et qui s’affranchit de la route et des difficultés qu’on peut rencontrer au sol. C'est vraiment une difficulté majeure."

Une vigilance accrue des soldats du feu engagés au sol et dans les airs, depuis les Canadair en rotation ou les hélicoptères, est donc demandée afin de surveiller ces potentiels nouveaux départs d'incendie. Une fois repérés, ce sont souvent les bombardiers qui sont chargés de larguer de l'eau sur les sautes de feu, permettant de laisser un peu de temps aux équipes au sol d'arriver sur site et de tenter de les éteindre complètement.

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Par ailleurs, certaines conditions accroissent ce risque. Actuellement en Gironde, une sécheresse de la masse d’air inférieure à 15-20%, un vent fort et des températures au-delà de 40 °C sont très propices à un tel phénomène. La qualité de la flore joue également un rôle. Dans le département en proie aux flammes, les pins composent la majorité de la végétation. Ceux-ci facilitent le transport de matières enflammées, car ce sont à la fois leurs pommes de pins et des morceaux d'écorces qui peuvent se propager dans l'air. "Ce n'est pas propre aux feux du sud-ouest, mais c’est malheureusement un terrain privilégié pour les sautes en ce moment", reconnaît ainsi Pierre Schaller.

Aurélie Loek

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