Amanda Gorman : "J'avais l'habitude de croire que les poètes ne comptaient que s'ils étaient vieux et blancs"

Berna González Harbour - El País - 16/07
Devenu une star littéraire depuis qu'il a récité un poème lors de l'investiture de Joe Biden, l'auteur de 24 ans publie 'My name is us' et fait confiance à l'utilité du langage au service du changement social

Un appel à l'aide, une sonnette pour secouer notre léthargie face à la violence contre les différents et face à l'isolement entre êtres isolés, c'est le contenu que cache ce colis : le nouveau livre d'Amanda Gorman, la très jeune poétesse transformé en star de masse par une exposition intense qui a abouti à la lecture d'un poème lors de l'investiture de Joe Biden. "Ce livre est un message dans une bouteille, ce livre n'abandonne pas, c'est une alerte", prie l'auteur dans My name is us, que Lumen vient de publier en espagnol.

Gorman, né à Los Angeles il y a 24 ans, a plus qu'occupé le podium d'une génération qui piétine aujourd'hui une poésie jeune, militante, égalitaire et racisée qui accompagne des mouvements comme Black Lives Matter et qui a fait des contacts de masse grâce aux réseaux les plus sûrs cheval dans la course au succès. Sur le dos de ce pur-sang, elle a foulé les grands plateaux, signé dans les grands médias et est devenue la plus jeune poétesse à inaugurer une présidence dans l'histoire des États-Unis. Elle l'a fait avec The Hill We Climb, et si ça résonnaient dans des échos très divers qui continuent leur carrière à travers le monde était pour la lumière, l'espoir qui s'ouvrait après les temps fatidiques de Donald Trump, après les ténèbres. Gorman a accepté de répondre à un questionnaire écrit à EL PAÍS.

La poétesse américaine Amanda Gorman, photographiée en août 2021. Danny Williams

QUESTION. Ressentez-vous la poésie comme une forme d'activisme, un outil de lutte pour les droits ?

RÉPONSE. La poésie et le langage sont souvent au cœur des mouvements pour le changement. Des banderoles ont été vues lors des manifestations de Black Lives Matter disant : "Ils nous ont enterrés, mais ils ne savaient pas que nous étions des graines." C'est de la pure poésie livrée à la justice raciale. Si nous analysons le discours I Have a Dream d...
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