Consacrée, abandonnée, restaurée... La riche histoire de l'interview présidentielle du 14 juillet

LCI - 12/07
[VIDÉO] - Jeudi 14 juillet à l'issue du défilé militaire, Emmanuel Macron sera interviewé par les journalistes Anne-Claire Coudray (TF1) et Caroline Roux (France 2) à partir de 13h10. Un temps fâché avec l'exercice au début de son premier mandat, le président de la République s'y était adonné pour la première fois en 2020. Pour son premier entretien depuis sa réélection, il perpétue la longue tradition instaurée par Valéry Giscard d'Estaing.

Jeudi 14 juillet à l'issue du défilé militaire, Emmanuel Macron sera interviewé par les journalistes Anne-Claire Coudray (TF1) et Caroline Roux (France 2) à partir de 13h10.
Un temps fâché avec l'exercice au début de son premier mandat, le président de la République s'y était adonné pour la première fois en 2020.
Pour son premier entretien depuis sa réélection, il perpétue la longue tradition instaurée par Valéry Giscard d'Estaing.

14 juillet 1978. Valéry Giscard d'Estaing, alors président de la République, accorde une interview télévisée à Yves Mourousi et Patrice Duhamel. En ce jour de "fête de la République", il se livre sur des sujets sensibles de l'époque. Il dresse un bilan de la situation des armées. Il expose aussi sa vision sur certaines questions politiques, à commencer par la durée du mandat présidentiel et la cohésion nationale. Cet entretien fait date, si bien que "VGE" renouvelle l'exercice jusqu’à la fin de son mandat. Progressivement, ce nouveau rituel politique s'impose comme un passage obligé pour les présidents de la République.

Dès 1982, François Mitterrand se plie à cet usage. En deux septennats, le socialiste se rend à douze entretiens du 14 juillet sur des sujets aussi centraux que variés. En 1989, il s'étend par exemple longuement sur le bicentenaire de la Révolution française, l'aide au développement et la possible réforme de la saisine du Conseil constitutionnel. En revanche, lors de son allocution de 1993, il se prononce aussi bien sur la nouvelle cohabitation que sur la lutte contre l'immigration et les grandes questions internationales.

Les tournants Chirac et Sarkozy

Avec son goût pour la petite phrase, Jacques Chirac confère une nouvelle dimension à l'intervention médiatique présidentielle du 14 juillet. En 2001, il écarte ironiquement la polémique sur le financement de voyages privés lors de son mandat de maire de Paris. Des accusations qui "font pschitt", dit-il. Trois ans plus tard, il recadre fermement Nicolas Sarkozy, ministre des Finances aux intentions présidentielles de moins en moins cachées, avec une formule restée célèbre : "Je décide, il exécute." 

Lors de son arrivée à l'Elysée en 2007, Nicolas Sarkozy rompt avec cette tradition qu'il avait fustigée quelques années auparavant. Il estime la période peu propice aux interventions médiatiques, en raison d'une faible actualité et de Français "déjà la tête en vacances". Il se tient à cette position durant tout son mandat, même s'il glisse quelques mots à l'issue du défilé du 14 juillet 2011 : "Ce que je peux souhaiter à tous les jeunes Français, c'est de comprendre, de trouver quel est le sens de sa vie." 

Lire aussi

Retour à la "normale" sous François Hollande

En totale opposition avec son prédécesseur, François Hollande reprend la coutume de l'interview télévisée du 14 juillet. Durant tout son mandat, il s'en sert notamment pour faire un point sur les défis de son quinquennat, sur ses priorités et leur avancement. En 2016, à quelques mois de l'élection présidentielle, il en profite pour recadrer Emmanuel Macron, ministre de l'Economie : "Il y a des règles, la solidarité, l’esprit d’équipe, la nécessité de servir jusqu'au bout […]. Dans un gouvernement, il n'y a pas de démarche personnelle, encore moins de démarc...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...