"Uber Files" : le lanceur d'alerte renonce à son anonymat

LCI - 12/07
[VIDÉO] - Le lobbyiste Mark MacGann affirme être le lanceur d'alerte sur l'affaire "Uber Files". Il explique avoir dénoncé les pratiques de l'entreprise et fourni des milliers de documents compromettants. Sa parole a été remise en cause par l'entreprise de VTC.

Le lobbyiste Mark MacGann affirme être le lanceur d'alerte sur l'affaire "Uber Files".
Il explique avoir dénoncé les pratiques de l'entreprise et fourni des milliers de documents compromettants.
Sa parole a été remise en cause par l'entreprise de VTC.

Il est sorti de l'anonymat. Le lobbyiste Mark MacGann a déclaré être le lanceur d'alerte sur les pratiques d'Uber et celui qui a fourni des milliers de documents compromettants sur la société américaine. L'homme a mené entre 2014 et 2016 les efforts de lobbying de la plateforme de voitures avec chauffeurs au Moyen-Orient, en Afrique et notamment en Europe. Il a finalement décidé de parler, car il estime qu'Uber a enfreint la loi dans des dizaines de pays et trompé les gens sur les bénéfices du modèle de l'entreprise.

Âgé de 52 ans, il reconnaît avoir sa part de responsabilité dans les faits qu'il dénonce aujourd'hui : "J'étais celui qui parlait aux gouvernements, poussait (le modèle d'Uber) dans les médias, celui qui disait aux gens qu'ils devraient changer les règles, car les chauffeurs allaient en bénéficier et que les gens allaient avoir beaucoup d'opportunités économiques", raconte-t-il dans un entretien au Guardian.

Dimanche 10 juillet, plusieurs organisations de presse (dont le Washington Post, Le Monde et la BBC) ont publié leurs premiers articles tirés de ces "Uber Files", mettant en avant certaines pratiques d'Uber pendant ces années d'expansion rapide, mais aussi de confrontations, de Paris à Johannesburg. 

De son côté, le journal français s'est notamment intéressé aux liens entre la société américaine et Emmanuel Macron à l'époque où il était ministre de l'Économie (2014-2016). Sont pointées du doigt certaines pratiques destinées à aider Uber à consolider ses positions en France, comme le fait de suggérer à l'entreprise de présenter des amendements "clés en main" à des députés.

Menaces de mort et garde rapprochée

Le lobbyiste d'origine irlandaise critique la facilité avec laquelle Uber a pénétré les échelons les plus élevés du pouvoir dans des pays comme le Royaume-Uni, la France ou la Russie, la qualifiant d'"enivrante" mais aussi de "profondément injuste" et "anti-démocratique". De son côté, l'entreprise a remis en cause la "crédibilité" du lanceur d'alerte.

"Nous comprenons que Mark a des regrets personnels sur ses années de loyauté à l'ancienne équipe de direction, mais il n'est pas en position de parler avec crédibilité d'Uber aujourd'hui", a-t-elle réagi dans un email envoyé à l'AFP. Un porte-parole a par ailleurs ajouté que le lobbyiste, après avoir qualifié Uber "d'entreprise de sa génération", s'est retrouvé en conflit avec l'entreprise, notamment "pour percevoir un bonus qu'il s'estimait dû". Selon lui, cette plainte aurait récemment abouti et il aurait "touché un versement de 585.000 euros", ajoute Uber, notant que "Mark s'est senti obligé de sonner l'alerte après avoir encaissé son chèque".

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Mark MacGann reconnait des doléances personnelles avec son ancien employeur. Outre le litige sur ses émoluments, il accuse Uber sous la direction de M. Kalanick d'avoir adopté des stratégies de confrontation avec l'industrie des taxis qui l'ont personnellement exposé, y compris en France et en Espagne.

Il a notamment reçu des menaces de mort et Uber lui a fourni à l'époque un garde du corps, dit-il au Guardian. Son expérience chez Uber a eu des conséquences sur sa santé mentale et il dit qu'elle a contribué à déc...
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