Sur le chemin de Santiago

Ana Rodríguez Fischer - El País - 09/07
Depuis ses débuts au Moyen Âge, la route du pèlerinage vers la Galice est un véhicule de la culture européenne qui a séduit les rois et les écrivains du monde entier, et son essence perdure dans le tourisme de masse d'aujourd'hui.

Au cours des trente dernières années, depuis chez moi dans les Asturies - niché sur la côte cantabrique limitrophe de la Galice, à un pas du soi-disant Chemin français - j'ai pu constater l'augmentation spectaculaire du nombre de pèlerins qui parcourent le Camino de Santiago, ce qui m'a souvent amené à évoquer des images et des souvenirs de ceux qui, à des moments différents, ont entrepris un voyage qui a ajouté une expérience spirituelle à l'aventure physique.

Depuis que Teodomiro, évêque d'Iria Flavia, découvrit la dépouille de l'apôtre en 813 puis que le roi Alphonse II le Chaste ordonna la construction d'un temple pour les accueillir et les vénérer, le pèlerinage à Saint-Jacques suscita une telle ferveur dans toute l'Europe qu'il mobilisa de véritables masses : des saints comme Francisco de Asís, des rois comme Luis VII de France ou Alphonse XI de Castille, des mécènes comme Cosme de Médicis, la fleur de la chevalerie —Don Gaiferos de Mormaltán, le protagoniste des romans de Caroline—, de riches bourgeois de Flandre et de la Ile de France, moines et mendiants, illustres veuves de Mayence, Lyon ou Bath, "et de nombreux humbles venus d'Europe, artisans et paysans, avec leurs péchés et leurs espérances", c...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...