Lingerie : le vrai fait-il vendre ?

Mégane Chiecchi, Alice Pairo-Vasseur - LePoint - 09/07
Le marketing inclusif inonde désormais le marché des dessous, qui vante la diversité des corps féminins. Le chemin est cependant pavé d’obstacles.

À demi-nue dans les herbes hautes, adossée à une clôture de bois, elle affiche un sourire confiant. Ses cheveux gris perle tombent sur sa poitrine généreuse, enserrée dans un soutien-gorge en dentelle noire. Plus bas se dessinent les plis d'un ventre épanoui… marqué par la cellulite. Caroline Ida Ours, 62 ans, incarne ce que l'on appelle dans la publicité une « silver » (pour modèle « sénior », préféré au terme « âgé ») à la silhouette « curvy » (pour ronde). Son portrait placardé, à l'hiver 2021, sur la plupart des Abribus de l'Hexagone, fait de cette influenceuse mode, un symbole. Consécration en mars 2022 avec un article du quotidien britannique The Times : «  Le mannequin qui défie les stéréotypes français ».

Caroline Ida Ours, lors d'un défilé « body positive » de lingerie Darjeeling à Châteauroux le 11 juin 2022. © Mégane Chiecchi

Depuis, entre deux défilés de lingerie body positive (voir vidéo), la sexagénaire tire profit de chaque interview pour invectiver un univers qu'elle juge encore trop fermé aux physiques comme le sien. « Lors de la dernière Fashion Week, sur le catwalk [podium, NDLR] il n'y avait que 1,5 % de femmes de plus de 50 ans », déplorait-elle ainsi auprès du Point, au début de l'été.

Mouvement body positive

Mais à quoi ressemble, si elle existe, « la femme française » ? Selon les statistiques utilisées par les marques pour modéliser leurs produits, cette dernière pèse, en moyenne, 63 kilos et ...
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