L'ancien officier de police de Minneapolis, Derek Chauvin a été condamné, ce jeudi 17 juillet, à 245 mois de prison, soit plus de 20 ans de prison, par la justice fédérale des Etats-Unis. Il était accusé d'avoir violé les droits civiques de l'Afro-américain George Floyd en l'asphyxiant avec son genou en mai 2020.
L'homme n'était pas en situation de se défendre puisqu'il était menotté et allongé dans la rue pendant plus de 9 minutes, à bout de souffle et disant aux officiers de Minneapolis : "Je ne respire plus respirer".
Les avocats américains ont cependant demandé au tribunal que la peine de leur client soit exécutée en même temps que sa peine d'État de 22,5 ans. Une demande acceptée par le juge Paul Magnuson au tribunal de Saint Paul, en lui donnant crédit des sept mois déjà passés en détention.
La peine fédérale, concomitante, est, en comparaison à sa première peine, définitive puisqu'elle découle d'un accord de plaider-coupable.
"Je ne sais pas pourquoi vous avez fait ça, mais placer son genou sur le cou de quelqu'un jusqu'à ce qu'il meure est mal. Et pour ça, vous devez être sévèrement puni", lui a expliqué le magistrat. De son côté, Derek Chauvin a souhaité, lors d'une courte intervention, aux enfants de George Floyd de "réussir dans la vie", sans s'excuser ni exprimer le moindre remord.
Sa mère Carolyn Pawlenty a assuré qu'il n'était pas un raciste sans cœur, avant d'ajouter "toutes les vies comptent, quelle que soit leur couleur de peau", détournant le slogan Black Lives Matter (les vies noires comptent). Appelé à la barre, le frère du défunt, Philonise Floyd, a lui réclamé "la peine maximale" contre Derek Chauvin, disant ne plus dormir depuis le drame.
L'ancien agent de 46 ans avait déjà été condamné à 22 ans et demi de réclusion, au printemps 2021, par la justice de l'Etat du Minnesota, mais il a fait appel de la sentence. Lors de ce procès très suivi, l'avocat de l'ancien policier avait plaidé que George Floyd était mort d'une overdose, combiné à des problèmes de santé. Cet argumentaire n'avait pas convaincu les jurés.
En parallèle, la justice fédérale avait ouvert ses propres poursuites en l'inculpant, ainsi que ses trois anciens collègues, pour "violation des droits constitutionnels" de George Floyd, plus particulièrement "du droit à ne pas être victime d'un usage déraisonnable de la force par un policier".
Ces "doubles" poursuites sont autorisées aux Etats-Unis mais relativement rares, et reflètent l'importance de ce dossier qui a rouvert un débat enflammé sur le passé raciste des Etats-Unis.
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