Écoles : pourquoi la ville de Paris va encore perdre 3000 élèves à la rentrée

LCI - 06/07
[VIDÉO] - La rentrée de septembre 2022 comptera 3000 élèves de moins que l'an dernier dans les écoles de premier degré de la capitale. En septembre dernier, 6000 élèves manquaient déjà à l'appel. Une baisse tendancielle qui s'observe depuis 10 ans et qui pourrait conduire à "redessiner la carte scolaire", la mairie de Paris.

La rentrée de septembre 2022 comptera 3000 élèves de moins que l'an dernier dans les écoles de premier degré de la capitale.
En septembre dernier, 6000 élèves manquaient déjà à l'appel.
Une baisse tendancielle qui s'observe depuis 10 ans et qui pourrait conduire à "redessiner la carte scolaire", la mairie de Paris.

Cette année encore, Paris n'échappe pas à la tendance. À la rentrée des classes, en septembre, l'Académie de Paris comptera 3000 élèves de moins dans ses écoles publiques. En septembre 2021, un record avait été battu, dans un contexte de crise sanitaire, avec une baisse de 5% de la population scolaire, soit plus de 6000 élèves - deux à trois fois la moyenne des années précédentes. 

Pourquoi assiste-t-on à une telle chute de la démographie scolaire depuis dix ans dans la capitale ? Quelles sont les conséquences ? Éléments de réponse. 

Baisse de la natalité, crise sanitaire et loyers trop élevés

Plusieurs raisons expliquent cette baisse continue du nombre d'écoliers année après année à Paris, selon Patrick Bloche, adjoint à l'éducation de la mairie de Paris, contacté par TF1Info. La première, "celle qu'on oublie, tient à la baisse de la natalité", explique l'élu socialiste. "Les Parisiens en âge de faire des enfants sont moins nombreux et ont moins d'enfants, qu'ils font plus tard, à 34 ans en moyenne contre 30 à 31 ans sur le reste du territoire", illustre-t-il. En effet, selon un rapport de l'Insee paru en janvier, entre 2013 et 2019, la capitale, qui compte 2.165.423 habitants, a perdu 10.700 habitants par an, alors qu’elle en gagnait encore 3 700 en moyenne par an entre 2008 et 2013.

La seconde raison tient à "l'effet conjoncturel lié à la crise sanitaire, qui a ouvert la voie au télétravail", ajoute Patrick Bloche. Celui-ci a été particulièrement important l'an dernier, même s'il s'atténue en 2022. "Il y a moins d'effet Covid cette année, puisqu'on revient dans un rythme de diminution plus habituel", avance l'élu, qui souligne que "d'autres métropoles sont concernées par ce phénomène". Enfin, "malgré les efforts de construction de logements sociaux", certaines familles quittent Paris "à la naissance du deuxième ou du troisième enfant, pour avoir un logement à la taille de la famille". 

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Certains quartiers sont plus concernés que d'autres par cette baisse de la population scolaire. "Incontestablement, les quartiers du centre de Paris sont les plus touchés, avec des baisses plus fortes qu'ailleurs, dans les 9e, 10e et 11e arrondissements", détaille l'adjoint. À l'inverse, les quartiers les plus périphériques, comme le 13e, le 14e et 17e arrondissement, connaissent eux "une hausse du nombre d'élèves à la rentrée".  

Davantage de classes fermées en 2023 ?

Pour l'instant, cette baisse tendancielle reste peu marquée par des fermetures de classes. En effet, "en septembre, 50 classes sur 5500 seront fermées, soit 1% d'entre elles", explique Patrick Bloche. Un niveau faible qui s'explique par "les dédoublements de grande section, ainsi que le plafonnement à 24 par classe en grande section, CP et CE1", mis en place par l'Éducation nationale, détaille-t-il. 

Ce dispositif présente cependant des limites. "Inévitablement, en 2023, on risque de fermer plus de classes, car on est arrivé au bout du processus d'amortissement de la baisse des effectifs scolaires". Dès lors, "il y aura peut-être nécessité de revoir la carte scolaire, voire de fusionner les écoles", estime Patrick Bloche. L'élu place ses espoirs dans la politique de transition écologique de la mairie de Paris, pour "amen...
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