Au terme d'un discours d'une heure vingt, sans solliciter un vote de confiance, ce mercredi 6 juillet, la Première ministre a laissé sa place aux groupes d'opposition devant la tribune de l'Assemblée. Si sans surprise, Aurore Bergé, a assuré à Elisabeth Borne le soutien du groupe Renaissance, d'autres, comme le Rassemblement national et La France insoumise, ont fustigé la nouvelle cheffe du gouvernement.
Forte d'un groupe de 89 députés, Marine Le Pen a été la première à prendre la parole. Et d'emblée, la présidente du groupe du Rassemblement National, arrivée au 2d tour de la présidentielle, a taclé la déroute du camp présidentiel aux élections législatives. Le 19 juin, "les Français ont imposé l'équilibre, peut-être, parce qu'ils ont trop abusé des prérogatives que lui confie la constitution", a-t-elle estimé dans l'hémicycle. Et d'ajouter : "Finies les volontés unilatérales d'un seul, Emmanuel Macron qui avait tous les pouvoirs se voit aujourd'hui contraint d'entendre les Français."
S'adressant directement à Elisabeth Borne, la présidente du groupe Rassemblement national a jugé son maintien comme "une incongruité institutionnelle et une provocation politique". Pour elle, "le pouvoir titube" et pour preuve, "Madame la Première ministre, vous êtes dans l'impossibilité de solliciter un vote de confiance", a-t-elle planté. "J'ose dire que vous avez bien fait : nous n'avons aucune confiance dans votre gouvernement", a-t-elle taclé, assurant par ailleurs, ne pas vouloir être "une opposition de principe".
Même défiance pour La France insoumise à l'Assemblée. "Le Président a été élu sans mandat, voici venue sa première ministre sans confiance", a tancé la présidente du groupe du parti, Mathilde Panot, à la tribune de l'Assemblée. Fustigeant directement Elisabeth Borne, "vous faites l'aveu de votre faiblesse en ne vous soumettant pas au vote de confiance. Vous avez choisi la fuite." Et d'ajouter : "Votre stratégie désormais, c'est "sauve qui peut".
"Le camouflet électoral des législatives porte votre nom, mais vous êtes toujours là", a martelé l'Insoumise qui, comme le RN, ne donne "pas sa confiance au gouvernement. Nous ne croyons pas une seule seconde à une macronie qui retrouve la raison." Défendant par ailleurs la motion de défiance déposée plus tôt par son parti, elle prévient : "C'est ce qui se produit quand l'exécutif n'écoute que lui-même et il va falloir vous y faire, vous n'êtes plus le centre de gravité politique."
Les Républicains ont promis, eux, "ni compromission, ni petits arrangements" avec Emmanuel Macron, mais "jamais de blocage stérile". "Nous n'avons pas l'intention de tout paralyser", a assuré Olivier Marleix, président du groupe du parti à l'Assemblée. "Oui, nous sommes prêts à voter tous les textes qui iront dans le sens du sursaut national, celui du pouvoir d'achat par le travail, de la reconstruction de notre appareil industriel, de la sanction des délinquants, ou de l'accès de tous à la santé", a-t-il énuméré, refusant toutefois la "petite soupe" politicienne.
Les Français "ont envoyé un message : l'arrogance solitaire et le mépris des corps intermédiaires doit cesser", a-t-il estimé. Aussi, son parti "fera tout pour que les cinq prochaines an...
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