Ukraine : qu’est-ce que la conférence de Lugano, qui s’ouvre ce lundi en Suisse ?

LCI - 04/07
[VIDÉO] - Un sommet international, tenu lundi 4 et mardi 5 juillet en Suisse, rassemble de nombreux dirigeants européens autour d'une délégation ukrainienne. Il doit aborder l'épineux défi de la reconstruction du pays, dévasté par la guerre. Les dégâts se chiffrent déjà en dizaines de milliards d'euros, alors que le conflit n'est pas terminé.

Un sommet international, tenu lundi 4 et mardi 5 juillet en Suisse, rassemble de nombreux dirigeants européens autour d'une délégation ukrainienne.
Il doit aborder l'épineux défi de la reconstruction du pays, dévasté par la guerre.
Les dégâts se chiffrent déjà en dizaines de milliards d'euros, alors que le conflit n'est pas terminé.

Alors que le conflit en Ukraine semble s'enliser, une conférence de deux jours s'ouvre ce lundi en Suisse. Elle doit déjà s'atteler à dessiner les contours de la future reconstruction de l'Ukraine. Le président Volodymyr Zelensky, qui doit s'y exprimer par visioconférence, a annoncé dimanche que la "tâche est vraiment colossale" pour relever le pays des destructions provoquées par l'armée russe, ne serait-ce que dans les territoires libérés.

La conférence, qui se tient à Lugano, dans le Sud de la Suisse, avait été planifiée bien avant la guerre et devait initialement se concentrer sur les réformes en Ukraine et notamment la lutte contre une corruption endémique. Un programme évidemment chamboulé par l'éclatement du conflit, en février dernier. Elle doit désormais donner à Kiev l'occasion de partager son plan de relance, en se focalisant sur la reconstruction de ses infrastructures dévastées.

Qui sera présent ?

Cette réunion rassemble les responsables des alliés de l'Ukraine, à savoir huit chefs de gouvernement, 15 ministres et les représentants de 38 pays ainsi que 14 organisations, 350 représentants du secteur privé et 210 de la société civile. Tous espéraient voir le dirigeant ukrainien les rejoindre en présentiel, en vain. Toutefois, son Premier ministre Denys Chmygal, le président du parlement, Rouslan Stefantchouk, et une délégation forte d'une centaine de personnes sont arrivés dès dimanche dans cette pittoresque cité aux accents italiens, au bord d'un lac niché dans un majestueux cirque montagneux.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le Premier ministre tchèque, Petr Fiala, dont le pays vient de prendre la présidence de l'UE pour six mois, ainsi que son homologue polonais Mateusz Morawiecki, dont pays accueille de loin le plus de réfugiés ukrainiens, seront aussi à Lugano. 

Quels sont ses objectifs ?

Cette conférence n'a pas vocation à être un rendez-vous de donateurs, mais vise plutôt à définir les principes et les priorités d'un processus de reconstruction. "Lugano sera l'une des premières, voire la première plateforme de discussion de la reconstruction de l'Ukraine, des étapes concrètes et d'un plan", a expliqué Artem Rybchenko, ambassadeur d'Ukraine en Suisse. La conférence devrait se conclure par une déclaration commune qui doit établir les "priorités, méthode et principes" de ce rétablissement ukrainien.

Les estimations vont d'ores et déjà de dizaines à des centaines de milliards de dollars. La Kyiv School of Economics (KSE) a estimé les dommages causés jusqu'à présent aux bâtiments et aux infrastructures à près de 104 milliards de dollars. L'économie du pays aurait déjà perdu 600 milliards de dollars selon certaines estimations.

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Les dirigeants européens présents sur place espèrent réussir à dessiner l'ébauche d'une sorte de "Plan Marshall", du nom du programme économique américain qui avait permis de relever l'Europe occidentale des ruines de la deuxième guerre mondiale. La Banque européenne d'investissement (BEI) doit ainsi proposer la création d'un nouveau fonds pour l'Ukraine, qui pourrait atteindre 100 milliards d'euros, selon des sources au fait du plan. Le Royaume-Uni a aussi annoncé qu'il soutiendra notamment la reconstruction de la ville et de la région de Kiev.

Par ailleurs, il n'est pas exclu que la lutte contre la corruption soit toujours abordée malgré un changement de feuille de route, en raison des sommes en jeu et des risques de détournement. L'enjeu est de taille, puisque l'ancien État soviéti...
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