Emmanuel Dupuy : Le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stolenberg ne dit pas autre chose, en déclarant, que « cette guerre n’est plus gagnable » et de rajouter cependant que « l’OTAN ne peut se permettre de la perdre piteusement ».
Le bilan sur le plan militaire, financier et diplomatique est ainsi particulièrement lourd pour les Etats-Unis, principal acteur de la lutte contre le terrorisme et de la lente stabilisation afghane. Depuis la première opération américaine sur le sol afghan, en date du 26 septembre 2001, en réponse aux attaques du 11 septembre 2001, orchestrées par Al Qaeda qui avait trouvé refuge en Afghanistan auprès des Talibans, 2300 militaires américains ont été tués et 20 600 blessés. Au plus fort de l’engagement américain - période dite du « surge » entre 2009 et 2011 - jusqu’à 110 000 soldats ont été déployés, au sein de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) de l’OTAN. C’est sans compter les quelque 8000 sous-traitants américains déployés au sein de sociétés militaires privées, comptabilisées par l'US Congress Research.
La mission otanienne, bien qu’ayant compté jusqu’à 150 000 hommes issus de 48 Etats, a vainement tenté de juguler l’insurrection talibane et les actions menées par Al Qaeda, puis de l’Etat Islamique, à partir de janvier 2015. Les alliés européens et otaniens, dont la France, ont également payé un lourd tribut, eu égard aux faibles résultats obtenus en 20 ans de présence internationale ininterrompue, avec 1000 morts, dont 90 militaires français décédés et 700 blessés entre novembre 2001 et décembre 2014, date du départ du contingent militaire français. Par ailleurs, et surtout, selon l’Uppsala Conflict Data Program, 38 000 civils afghans et 65 000 militaires et membres des forces de sécurité afghanes ont été tués, sans ...
[Courte citation de 8% de l'article original]