"Je suis juste venue raconter mon histoire : c'est la mienne, ce sont mes choix. Je ne parle pas au nom des autres." Après sept ans de silence, la rappeuse Diam's accorde une première interview télévisée et raconte ses errances, alors qu'elle était encore au sommet de la gloire, et la quête de spiritualité qui y a mis fin, dans la vidéo de "Sept à Huit" à retrouver en tête de cet article. Un entretien accordé à Audrey Crespo-Mara alors qu'elle co-signe un documentaire sur son parcours, produit par la plateforme Brut, en salles le 1er et 2 juillet avant sa diffusion en ligne, après avoir été projeté au festival de Cannes, mais en son absence.
Nommé "Salam", la "paix" en arabe, ce documentaire retrace comment cette icône du rap s'est éclipsée soudainement il y a dix ans, pourtant adulée par le public qui l'avait propulsée en tête des classements. Mais Diam's n'est pas morte, explique Mélanie Georgiades, de son vrai nom : "Diam's a vraiment été une étape dans ma vie, c'est quelque chose qui est là, qui a existé aux yeux de millions de personnes. Je ne suis pas devenue Mélanie, je suis redevenue Mélanie", dit-elle.
Jeune fille tourmentée, essorée par des questionnements incessants, elle tente pour la première fois de se suicider à 14 ans, puis découvre l'écriture, un "exutoire" et un "petit refuge", qu'elle ne quittera plus. Son premier album Premier mandat sort en 1999, puis Diam's est emportée dans un tourbillon de succès. Sans parvenir à apaiser ses démons.
"Aujourd'hui, je vois la gloire un peu comme l'ivresse : quelque chose d'hyper fort qui me remplissait d'un coup, et ensuite il était très dur de redescendre. (...) J'aurais voulu que ça ne s'arrête jamais"
Diam's, ancienne rappeuse
"Je réalise tristement que ce que je pensais être le sens de ma vie, c'est-à-dire d'écrire des textes, de remplir des salles, d'être aimée, cela ne remplissait malheureusement pas mon cœur ni réglait mes soucis. On se sent alors très mal, parce qu'on touche un rêve du doigt, celui de beaucoup de gens, mais pourtant, on vient dire que ce rêve n'était qu'illusoire", se souvient-elle. Ses concerts deviennent une rare parenthèse de bonheur, "deux heures où j'oubliais mes problèmes", mais les 22 autres heures de la journée restent pour elle "insupportables".
"Aujourd'hui, je vois la gloire un peu comme l'ivresse : quelque chose d'hyper fort qui me remplissait d'un coup, et ensuite il était très dur de redescendre. Comme un cercle vicieux, parce qu'on en veut toujours plus. J'aurais voulu que ça ne s'arrête jamais", rembobine l'ancienne star. Encore sous le feu des projecteurs, Diam's est brusquement internée en clinique psychiatrique, tente à nouveau de se suicider, devient complètement amortie par les médicaments : "Je suis comme quelqu'un qui est dans une tempête et qui avance, j'essaie de me battre contre un vent très, très fort qui cherche à m'amener vers la mort".
C'est finalement une prière aux côtés d'une amie musulmane de son amie Vitaa, également chanteuse, qui lui permet enfin de s'extraire de ce "labyrinthe" et ce "vide intérieur". Déjà croyante, issue d'une famille catholique, elle part en voyage à l'île Maurice, Coran en poche, pour en apprendre davantage sur l'islam. Dans cette "recherche spirituelle", elle s'ouvre à la méditation, "le plus grand des bouleversements" de sa vie. Et se convertit, seule, sur une plage...
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