Le bipartisme revient en version corrigée

Xosé Hermida - El País - 26/06
La pandémie, contrairement à la crise, a relancé les partis traditionnels, même si les analystes préviennent que leur force ne sera pas celle d'antan
Juan Manuel Moreno Bonilla et Alberto Núñez Feijóo (dans le couloir central) saluent les membres du conseil d'administration du PP.Luis Sevillano

Deux Andalous sur trois qui sont allés voter dimanche dernier ont déposé l'un des bulletins de vote de l'ancien système bipartite. Quelque chose de similaire ne s'est pas produit en Andalousie depuis 2012, et en Espagne cela ne s'est pas reproduit depuis un an auparavant. Puis c'était l'époque où la somme du PSOE et du PP était souvent proche de 80% dans le groupe national et dans les collectivités sans formations nationalistes. Après l'effondrement du duopole politique espagnol pendant la Grande Récession, à chaque élection générale de la dernière décennie, les socialistes et les populaires ont recueilli au plus la moitié des voix. Toutes les analyses suggèrent que la tendance a changé. Le bipartisme refait surface, dans une version moins écrasante que celle qui a monopolisé la politique espagnole depuis 1993 —lorsque l'alternative centriste du CDS s'est effondrée— et 2015, date qui marque le tournant de l'apparition de ce qu'on appelait la nouvelle politique.

Belén Barreiro, directrice de l'institut de recherche sociologique 40dB., percevait depuis près d'un an une montée de la sympathie des sondés pour les deux principaux partis. Le résultat andalou l'a confirmé. L'agonie de Ciudadanos a reconfiguré les forces du centre-droit, avec un important regroupement au sein du PP. A gauche, le souci du PSOE avec United We Can n'est pas qu'il ronge du terrain comme c'était le cas auparavant, mais que le déclin de cet espace le laisse sans parten...
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