Quand la pensée est vivante, quand on innove, quand on parle de ce qui est important, on parle avec des métaphores. Si la compréhension veut avancer, elle a besoin d'eux. C'est inévitable, pour parler d'une chaise on n'en a pas besoin, pour parler d'amour, de temps ou de pensée abstraite ils sont indispensables. Les choses importantes de la vie sont chargées de métaphores. Le temps est un fleuve (qui passe), l'amour est un voyage (avec des carrefours), les idées sont des aliments (qui doivent être digérés ou assimilés). Et pourtant, quand la chaise a été inventée, il fallait une métaphore pour la nommer. Quand on est plongé dans le plus abstrait, la métaphore est la lumière qui permet de clarifier les choses. Il en va de même pour le boson de Higgs. Si le scientifique veut comprendre son propre travail, il doit pouvoir rendre l'étrange familier, l'inconnu intime. Faites de la place au nouveau parmi le reste des choses (déjà connu, déjà littéral). Et pour cela, il a besoin de la métaphore, qui permet de voir une chose par rapport à une autre.
Plus d'informationsSi la métaphore est la clé d'une pensée inédite, elle est en même temps l'aveu de l'ineffabilité du réel. Car la métaphore fait allusion, indique de manière indirecte, met en évidence certains aspects, en cache d'autres. En fin de compte, il guide la pensée. Quand on pense à ce qui a déjà été pensé, la métaphore n'est pas nécessaire. Ceux qui croient que la métaphore est une matière décorative, plus typique des poètes que des scientifiques, n'ont jamais innové. Ils vivent sur le disque rayé du littéral. La métaphore ouvre la voie dans les jungles inconnues de la pensée.
Nous ne pouvons comprendre le nouveau qu'en l'associant au connu. Nous avons un bon exemple avec le terme « ordinateur » lui-même. Il est important de se rappeler que l'anglais n'est pas la seule langue. En espagnol, catalan et français on dit ordinateur (ordinador, ordinateur). L'histoire du choix de ce mot est curieuse. En 1955, l'équip...
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