Certes, la majorité sortante arrive en tête de ce second tour des élections législatives. Mais loin des 289 sièges nécessaires pour obtenir la majorité absolue. Le camp d'Emmanuel Macron recule face aux bons résultats de l'alliance de gauche et du Rassemblement national, qui formeront une opposition puissante. Selon les premières estimations, la coalition présidentielle obtiendrait entre 235 et 240 députés, la Nupes 157 à 163, le Rassemblement national 85 à 90 et Les Républicains 65 à 70. Voici ce qu'il faut retenir du second tour de ces élections législatives.
Le gouvernement, qui ces derniers jours avait exhorté les Français à lui donner une majorité "solide", n'a pas été entendu. Le président de la République ne pourra pas compter sur une majorité absolue pour gouverner. La coalition présidentielle devrait remporter 235 à 240 sièges à l'Assemblée nationale, selon les premières estimations de notre partenaire Ifop-Fiducial ; loin des 289 sièges requis pour bénéficier de la majorité absolue. L’exécutif aura donc des difficultés à faire voter ses projets de loi et à appliquer son programme, puisque l'opposition sera en capacité de s'allier pour l'en empêcher. La République en marche et ses alliés Horizon et Modem devront trouver des renforts parmi leurs adversaires, principalement chez Les Républicains.
Marine Le Pen rêvait de faire élire une centaine de députés. Pari (presque) réussi pour celle qui a été réélue députée du Pas-de-Calais. Le Rassemblement national devrait envoyer 85 à 90 parlementaires sur les bancs du palais Bourbon. Un record et une surprise puisque ces derniers jours les instituts de sondage n'avaient pas prédit ces résultats. Le Rassemblement national sera donc en mesure de constituer un groupe : il n'y était parvenu qu'une fois dans son histoire, de 1986 à 1988, du temps du Front national, mais dans un mode de scrutin différent, grâce à la proportionnelle.
Les Républicains perdent leur statut de premier groupe d'opposition à l'Assemblée nationale. Mais ils en seront les nouveaux arbitres, avec leurs alliés de l'UDI. Avec 65 à 70 députés, le parti sera très vraisemblablement celui vers qui Emmanuel Macron ira chercher sa majorité absolue. Mais le président Christian Jacob a prévenu : "Nous avons fait campagne dans l’opposition, nous sommes dans l’opposition et nous resterons dans l’opposition." Toutefois, certains membres des Républicains se sont prononcés pour des rapprochements avec la majorité présidentielle. Jean-François Copé, par exemple, a plaidé pour la construction d'un "pacte de gouvernement [...] entre Macron et LR afin de lutter contre la montée des extrêmes".
Le sursaut attendu n’a pas eu lieu : selon les premières estimations, 54% des Français ne sont pas allés voter ce dimanche. Depuis 2002 et l’inversion du calendrier qui a placé les législatives dans la foulée de la présidentielle, la règle veut que l’abstention augmente entre les deux tours, et cela s’est vérifié une nouvelle fois, même si la hausse est moins importante qu’en 2017 (+6 points). En effet, si ces projections sont élevées, elles restent plus faibles que le record du second tour de 2017 : l'abstention flambait alors 57,4%, soit plus de 27 millions de Français.
Les résultats en demi teinte du camp présidentiel se sont répercutés sur les poids lourds du parti et du gouve...
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