Le plus jeune des quatre enfants de Jael Noemí Ramos, 27 ans, a été diagnostiqué comme "en surpoids". Le garçon, âgé de deux ans, a dû suivre un régime sur prescription médicale. « Il m'a expliqué que je devais varier la nourriture et lui donner de la viande. Mais ça ne me donne pas. Mes enfants ne mangent ni viande ni poulet. Il m'a dit de manger un ou deux fruits par jour et que si j'avais des flocons d'avoine au petit-déjeuner, je ne devrais pas avoir de pain au déjeuner », raconte la mère. Elle est également en surpoids et, bien qu'elle assure qu'elle essaie de se conformer aux directives d'une alimentation saine, elle admet qu'elle a du mal à ne pas finir par consommer de la "malbouffe", comme on appelle les aliments ultra-transformés au Chili, avec un excès sucre, graisse et sel. Pour cette Péruvienne installée dans le pays andin depuis près de cinq ans, le supermarché "est un luxe", dit-elle. « Normalement, je vais à la foire et je cherche le moins cher. Parfois, je peux acheter du poisson; chinchard en conserve, par exemple. Mais c'est très cher. Je fais les soupes avec des nouilles et des légumes, le poulet coûte cher pour ajouter de la saveur, alors j'utilise les cubes de bouillon moins chers ».
Chaque semaine, la Fundación Hogar Niño Jesús remet à Ramos un panier de légumes et de fruits offert par Don Jaime, un agriculteur local. Courgettes, oignons, oranges, carottes, pommes de terre... Tout ce qui vient du terroir, c'est en bon état, mais ne répond pas aux normes de vente au public. « La fondation est très solidaire. Il y a de la nourriture qui se gaspille et c'est une bonne aide pour ceux d'entre nous qui en ont besoin », remercie la maman. Sa situation est extrêmement vulnérable, mais son cas n'est pas rare. En effet, le surpoids et l'obésité sont épidémiques au Chili, où 75% de sa population est en surpoids (40,2), obèse (31,4) ou souffrant d'obésité morbide (3,4), selon la dernière enquête nationale sur la santé, de 2016-2017.
Depuis, la situation a pu s'aggraver si l'on tient compte de la tendance à la hausse observée par rapport aux éditions précédentes. L'étude de l'état nutritionnel des écoliers du National Board of School Aid and Scholarships (Junaeb), qui dispose de données plus récentes de 2020, ne donne pas non plus de résultats pour l'espoir : 54,1 % des enfants souffrent de malnutrition par excès, cinq points plus qu'en 2015 et près de 12 au-dessus des résultats de ...
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