Comment la visite d'Emmanuel Macron à Kiev est perçue par la presse russe

LCI - 16/06
[VIDÉO] - Accompagné de ses homologues allemand et italien, Emmanuel Macron est à Kiev ce jeudi. Un déplacement vu d’un mauvais œil en Russie.

Accompagné de ses homologues allemand et italien, Emmanuel Macron est à Kiev ce jeudi.
Un déplacement vu d’un mauvais œil en Russie.

Après plus de trois mois de guerre en Ukraine, et des dizaines de coups de fil échangés avec Volodymyr Zelensky, Emmanuel Macrons se rend ce jeudi 16 juin à Kiev. Entouré d’Olaf Scholz et de Mario Draghi, le président français a arpenté la capitale avant de rencontrer son homologue ukrainien. Si cette visite était attendue, elle a été tenue secrète jusqu’à la veille pour des raisons de sécurité. En Russie, elle suscite des critiques de la presse comme du Kremlin.

D’abord, les grands médias russes ont relayé l’information de manière factuelle en citant des sources françaises, comme BFM ou l’AFP. C’est le cas de l’agence russe Ria Novosti ou du journal économique Kommersant. Mais dans un second temps, des articles consacrés au déplacement du jour ont adopté un ton bien plus critique. 

"Les Français en colère contre Zelensky"

Par exemple, l’agence de presse explique que "les Français sont en colère contre Zelensky au sujet de la visite de Macron à Kiev". Ainsi, le président ukrainien aurait forcé la main à son homologue français pour qu’il se rende dans le pays et aurait des "exigences" qui scandaliseraient les Français, comme ses "demandes persistantes" de fournir de nouvelles armes. Or, ici les Français désignent en réalité… les lecteurs du Figaro. Et pas n’importe lesquels : quelques internautes ayant laissé des commentaires critiques à l’égard de cette visite officielle, sous un article du journal français, à la veille du déplacement. 

Pour Kommersant, qui semble moins partial dans son analyse, "l’un des objectifs de la visite est de montrer son soutien à Kyiv et d'essayer d'atténuer les critiques de Volodymyr Zelensky sur la lenteur de la livraison des armes". Le média La Gazeta, lui, partage la photo de la presse italienne des trois chefs d’État dans le train pour Kiev mais retient surtout une chose : "Il n’y avait pas de sièges pour le président roumain Iohannis dans le train de Macron, Scholz et Draghi". Une information qui fait l’objet d’un titre sur le site russe et tirée du journal allemand Bild. 

"Il n’y avait pas de siège pour le président roumain Iohannis dans le train de Macron, Scholz et Draghi", retient le site web de La Gazeta - Gazeta.ru (capture écran)

À la radio russe Vesti, un expert militaire a pu expliquer pourquoi Emmanuel Macron et ses homologues allemand et italien n’avaient "pas peur d’aller à Kiev". D’après Viktor Baranets, les dirigeants sont en effet certains que "Poutine ne bombardera pas la capitale de l’Ukraine" alors qu’ils y sont, reléguant cette visite à "une démonstration de soutien" envers Volodymyr Zelensky et non à un geste fort ou courageux.

Et au sein du Kremlin, ce déplacement officiel n’est pas vu non plus d’un bon œil. Sur Twitter, l’ancien président russe Dmitri Medvedev, aujourd’hui au Conseil de sécurité, a balayé, non sans moquerie, l'intérêt d’une telle visite : "Les amateurs européens de grenouilles, de pâté de foie et de spaghettis adorent visiter Kiev. Avec une utilité nulle. Ils ont promis l'adhésion à l'UE et de vieux obusiers à l'Ukraine, se sont gavés de gorilka [boisson alcoolisée ukrainienne : NDLR] et sont rentrés chez eux en train, comme il y a 100 ans. Tout va bien. Mais cela ne rapprochera pas l'Ukraine de la paix. L'horloge fait tic-tac". 

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