Représentant régional pour l'Afrique d'Épicentre, la branche recherche de l'ONG Médecins sans frontières (MSF), le professeur Yap Boum a mené plusieurs projets de recherche sur la tuberculose et le paludisme. Il a également été responsable de la coordination des laboratoires pour un essai de MSF concernant le vaccin contre Ebola. Ce scientifique camerounais, qui enseigne aussi en santé publique et microbiologie, plaide pour l'élaboration de solutions innovantes dans le domaine sanitaire grâce notamment au développement de la recherche. Il défend un accès pour tous aux systèmes sanitaires sur le continent à travers un système qui s'adapterait aux spécificités et besoins de chaque pays. Il rejette ainsi l'idée d'une solution unique, vouée à l'échec, car inadaptée, selon lui. Pour Le Point Afrique, il revient sur les répercussions du Covid en Afrique ainsi que sur les défis et les priorités auxquels le continent est confronté dans le domaine sanitaire.
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Le Point Afrique : Quelles ont été les répercussions de la pandémie de Covid-19 sur les autres maladies et épidémies sur le continent africain ?
Yap Boum : Cette pandémie a eu un impact conséquent sur la majeure partie des maladies à différents niveaux et différentes périodes. La première année, en 2020-2021, il y a eu des confinements stricts, d'un côté, et, d'un autre, la stigmatisation qui, en réduisant la fréquentation des hôpitaux ont fait qu'il y a eu des répercussions importantes sur des maladies comme le sida. Le Covid a perturbé l'accès au traitement : il y a eu une baisse de l'observance, notamment car les personnes ne venaient plus prendre leur traitement. La tuberculose aussi a été affectée. C'est une maladie particulière, car il y a le DOT (directly observed treatment), où l'on demande que le patient vienne pour que ...
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