Ligue des nations : défense friable, stars en-dedans, coaching douteux... les Bleus renvoyés à leurs doutes

LCI - 14/06
[VIDÉO] - Battue par la Croatie pour son dernier match de la saison lundi (0-1), l'équipe de France est éliminée de la course au "final four" de la Ligue des nations. Pire, ce revers contre les coéquipiers de Luka Modric est synonyme d'un quatrième match consécutif sans victoire. Au-delà des résultats décevants, c'est la manière qui inquiète, à moins de cinq mois du Mondial au Qatar.

Battue par la Croatie pour son dernier match de la saison lundi (0-1), l'équipe de France est éliminée de la course au "final four" de la Ligue des nations.
Pire, ce revers contre les coéquipiers de Luka Modric est synonyme d'un quatrième match consécutif sans victoire.
Au-delà des résultats décevants, c'est la manière qui inquiète, à moins de cinq mois du Mondial au Qatar.

Les comptes ne sont pas bons. En s'inclinant lundi au Stade de France contre une Croatie solide mais pas flamboyante (0-1), l'équipe de France a concédé un quatrième match consécutif sans victoire. Le tout au sortir d'une série de vingt matches sans défaite. 

Longtemps inoffensifs, les Bleus ne sont de plus pas parvenus à trouver le chemin des filets adverses devant leur public. Ils mettent ainsi fin à un enchaînement de 23 matches au cours desquels ils avaient marqué au moins un but (51 au total), la plus longue de leur histoire. Cela faisait plus d'un an et demi, et un soir de novembre 2020 contre la Finlande (0-2), que les tricolores n'avaient plus été muselés sur 90 minutes. 

Finalement, la France n'a remporté que 54% de ses matches cette saison (7/13, avec 4 nuls et 2 défaites), son plus faible ratio depuis 2014/15 (50%). Pas idéal pour la confiance à moins de cinq mois du mondial au Qatar...

Une animation offensive en grande difficulté

Au-delà des simples résultats, déjà suffisamment cruels, la régression dans le jeu aperçu lors de ce rassemblement a de quoi inquiéter. S'ils n'ont jamais paru dominés contre le Danemark (1-2), l'Autriche (1-1) et la Croatie (1-1 et 0-1), les Français ont peiné à mettre leurs adversaires en difficulté sur la durée. 

Bien qu'ayant régulièrement monopolisé le ballon (56,25% en moyenne sur les quatre rencontres), ils ne se sont procurés qu'un faible volume d'occasions (5,75 tirs cadrés en moyenne), avec en point d'orgue cette dernière copie particulièrement fade sur la pelouse de Saint-Denis. 

Dans l'ensemble, les courses, l'intensité et la justesse technique n'ont pas été au rendez-vous lors de cette fenêtre internationale qui réussit si rarement aux joueurs de Didier Deschamps. "Dans le match, on n'a pas démérité. [...] On a manqué d'efficacité, je dirais. Si c'est inquiétant ? Non", a estimé Presnel Kimpembe, après le coup de sifflet final. 

Deschamps en plein tâtonnement

S'il existe des circonstances atténuantes, à commencer par l'enchaînement infernal des matchs - quatre en deux semaines - après une saison très éprouvante, la multiplication des systèmes n'a certainement pas aidé les champions du monde à trouver leurs repères. En quatre rencontres, ils ont expérimenté d'entrée trois systèmes différents : le 3-4-1-2, le 4-2-3-1 puis le 4-3-3. 

C'est d'ailleurs dans cette dernière disposition que les tricolores ont sombré en première mi-temps contre les Croates lundi. Le trio Rabiot-Kamara-Guendouzi a été dévoré dans l'agressivité et la justesse par le milieu adverse. Devant, Christopher Nkunku, exilé sur le côté droit, n'a pas eu son rendement habituel. Karim Benzema et Kylian Mbappé, apparus émoussés physiquement, n'ont, eux, jamais réussi à se trouver ni à véritablement exister. "Par rapport aux joueurs aptes à débuter, (il fallait) les mettre dans les meilleures dispositions, ce qui m'a amené à changer de système", s'est justifié "DD". 

Plus que les options tactiques, ce sont les choix de Didier Deschamps - frappé par un deuil familial au début du rassemblement - qui sont apparus surprenants voire discutables. De la gestion d'un Antoine Griezmann en manque total de confiance, à l'utilisation de Wissam Ben Yedder (seulement 62 minutes de jeu) en passant par un tâtonnement dans l'animation du couloir droit... les incompréhensions ont été multiples. 

Le chantier du côté droit

Le côté droit, justement, cristallise une large partie des inquiétudes. Avec une défense centrale à trois hommes ou à deux, l'encadrement tricolore n'est jamais parvenu à trouver la bonne formule. Lors du premier match, Kingsley Coman a bu la tasse défensivement sans avoir son habituel apport en attaque. Par la suite, le sélectionneur de l'équipe de France a replacé Benja...
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