Ils font (presque) jeu égal à l’issue du premier tour. Dimanche, la coalition de la majorité présidentielle a recueilli 25,75% des suffrages, contre 25,66% pour la Nupes, l’alliance de gauche réunissant insoumis, écologistes, socialistes et communistes. Pourtant, les sondages indiquent qu’à l’issue du second tour, le camp présidentiel devrait obtenir bien plus de sièges que ses adversaires à l’Assemblée nationale : 275 à 310 pour les candidats d’Emmanuel Macron, 175 à 205 pour ceux de la gauche. Pourquoi ?
Contrairement à la majorité, la Nupes a peu de réserve de voix avant ce second tour. Il sera difficile à l’alliance menée par Jean-Luc Mélenchon de réunir plus d’électeurs qu’au premier tour, puisqu’elle a déjà réussi l’union des gauches et ne peut pas compter sur des alliés supplémentaires pour faire élire ses candidats. La "Nupes se retrouve face à un brise-lames : elle n'aura plus de réserves, elle ne peut compter sur des désistements, transformer l'essai va être difficile. L'union de la gauche est certes historique, mais après ?", a analysé auprès de l'AFP le politologue Denys Pouillard, directeur de l'observatoire de la vie politique et parlementaire.
Les alliés sont bien conscients de cette limite, mais ne veulent pas s'y résigner. "Il y a certaines circonscriptions où il a encore des réserves de voix, par exemple celles où il y avait d’autres candidats de gauche au premier tour", comme là où des dissidents PS se sont présentés, a fait remarquer la numéro 2 du Parti socialiste Corinne Narassiguin.
▶️ Découvrez les résultats définitifs du 1er tour des législatives, circonscription par circonscription
Mais le plus sûr pour la Nupes est de compter sur une participation plus importante. Aurélie Trouvé, arrivée largement en tête (53,5%) dans la 9e circonscription de Seine-Saint-Denis, estime qu'il y a "des réserves de voix énormes chez les abstentionnistes", et en particulier "chez les jeunes" : "J'ai fait le tour de ma circonscription hier, il n'y avait pas les files de jeunes" vues au premier tour de la présidentielle. Dans l'entre-deux-tours, sur le plan national, annonce-t-elle, "on va insister sur les jeunes, en leur disant 'C'est à vous de déterminer votre avenir' au moment où on débat de l'état de la planète dans 50 ans". Les couches populaires aussi, plus promptes à s'abstenir, seront ciblées, "au plus près du terrain avec du porte-à-porte".
Ce lundi matin, avant un rendez-vous au QG de la Nupes, Jean-Luc Mélenchon a également appelé les électeurs à se mobiliser. "Je leur dis déferlez, c’est le moment. C’est maintenant que vous avez les pleins pouvoirs pour tout changer", a-t-il déclaré. "Je crois que là ils ont reçu un signal encourageant, ils se disent ‘oui il peut se passer quelque chose’, ‘oui ils peuvent gagner’."
C’est d’ailleurs consciente de cette faiblesse chez ses adversaires que la majorité présidentielle répète qu’elle est la seule force politique capable d’obtenir une majorité forte à l’Assemblée nationale. Car de son côté, Ensemble ! devrait réussir à bénéficier de l’apport d’une partie des électeurs LR. De son côté, le Rassemblement national a appelé à "ne pas choisir" entre le camp présidentiel et les candidats de la Nupes.
Sur lemême thème