Législatives 2022 : les quatre leçons du premier tour

LCI - 13/06
[VIDÉO] - La majorité présidentielle (25,75%) et l'alliance de gauche (25,66%) se sont ardemment disputées la première place du premier tour de ces élections législatives. Derrière, le Rassemblement national (18,68%) et Les Républicains (10,42%) se disputent les 3e et 4e places. Succès relatif pour Ensemble!, manque de réserve de voix pour la Nupes et échec cuisant pour Reconquête! : que retenir de ce premier tour ?

La majorité présidentielle (25,75%) et l'alliance de gauche (25,66%) se sont ardemment disputées la première place du premier tour de ces élections législatives.
Derrière, le Rassemblement national (18,68%) et Les Républicains (10,42%) se disputent les 3e et 4e places.
Succès relatif pour Ensemble!, manque de réserve de voix pour la Nupes et échec cuisant pour Reconquête! : que retenir de ce premier tour ?

À quoi ressemblera l'Assemblée nationale dimanche prochain ? À l'issue de ce premier tour, les incertitudes demeurent. Si la majorité présidentielle est arrivée en tête, elle n'est pas certaine d'obtenir la majorité absolue, et malgré son bon score, la Nupes ne semble pas en mesure de remporter le match la semaine prochaine. Voici ce qu'il faut retenir de ce premier tour du scrutin.

Une majorité incertaine pour Emmanuel Macron

À l'issue de ce premier tour, comme annoncé par les sondages, Emmanuel Macron peut se faire du souci. Le président de la République n'est pas assuré de bénéficier de la majorité absolue à l'Assemblée nationale à l'issue des élections. Selon l'Ifop-Fiducial, la coalition Ensemble! obtiendrait de 275 à 310 sièges, le seuil de la majorité absolue étant fixé à 289. Pour rappel, en 2017, entre les candidats LaREM et Modem, 350 députés de la majorité avaient été élus. S'il n'obtient qu'une majorité relative, le chef de l'État devra nouer des alliances avec des députés de l'opposition, au cas par cas, selon les textes. 

La majorité présidentielle a une semaine pour convaincre les Français de voter pour elle pour lui donner une majorité claire. Dans son discours prononcé à l'issue du premier tour, la Première ministre Elisabeth Borne a donc sonné le rappel auprès des abstentionnistes, les assurant de "la force de leur vote" et les enjoignant à "faire entendre leur voix dimanche prochain". "Nous avons une semaine pour convaincre", a-t-elle ajouté, alors que son parti n'a pas souhaité donner de consigne de vote nationale et que ce serait "le Front Républicain, contre les extrêmes", en estimant que "certains candidats de la Nupes sont extrêmes". 

Même s'il arrive en tête, de très peu, ce résultat est une contre-performance pour le camp présidentiel, un parti vainqueur à la présidentielle remportant en général haut la main les législatives qui suivent.

Le succès de la gauche unie

Si Ensemble! n'est pas assuré d'obtenir la majorité absolue, c'est à cause de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), alliance rassemblant insoumis, écologistes, socialistes et communistes. En réussissant à unir la gauche et à faire campagne avec le slogan "Jean-Luc Mélenchon Premier ministre", le leader insoumis a réussi à s'imposer comme le premier opposant à Emmanuel Macron. 

Si la Nupes arrive en seconde position dans un mouchoir de poche avec la majorité présidentielle, elle ne réussirait pas pour autant à obtenir de majorité la semaine prochaine à l'issue du second tour. Selon les estimations de l'Ifop-Fiducial, elle pourrait envoyer 175 à 205 députés à l'Assemblée nationale. La "Nupes se retrouve face à un brise-lames : elle n'aura plus de réserve, elle ne peut compter sur des désistements, transformer l'essai va être difficile. L'union de la gauche est certes historique, mais après ?", a analysé auprès de l'AFP Denys Pouillard, directeur de l'observatoire de la vie politique et parlementaire.

Le Rassemblement national en progression

Le Rassemblement national a progressé au premier tour de ce scrutin, et sera présent au second dans 200 circonscriptions, mais il reste à la troisième place derrière la majorité sortante et la Nupes. Le parti d'extrême droite espère obtenir un groupe à l'Assemblée nationale (il faut pour cela au moins 15 députés, NDLR) pour la première fois depuis 1986. 

Depuis son fief de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Marine Le Pen a jugé que le second tour lui "offrait la possibilité d'envoyer un groupe très important" du RN à l'Assemblée. Mais cela n'est pas gagné puisq...
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