Défaut de matériel, problèmes d'effectifs, aides qui tardent... l'armée ukrainienne peut-elle tenir ?

LCI - 10/06
[VIDÉO] - "Il n'y a presque plus de munitions" en Ukraine, selon Kiev. Tout comme les stocks de munitions, c'est l'ensemble du matériel qui manque aux soldats ukrainiens pour faire face à la Russie. Une situation d'autant plus compliquée que le moral des troupes est au plus bas.

"Il n'y a presque plus de munitions" en Ukraine, selon Kiev.
Tout comme les stocks de munitions, c'est l'ensemble du matériel qui manque aux soldats ukrainiens pour faire face à la Russie.
Une situation d'autant plus compliquée que le moral des troupes est au plus bas.

Après plus de trois mois de conflit, l'effort de guerre s'essouffle. Les stocks de munitions sont vides, l'armement se fait rare et les décès chez les soldats se comptent par centaine. La situation est telle que tous les observateurs se posent désormais la même question : l'armée ukrainienne pourra-t-elle tenir face à l'envahisseur russe ? 

"Presque plus" de munitions

Au niveau des munitions, les choses sont claires et nettes. Il n'y en a "presque plus", du propre aveu d'un représentant du renseignement militaire en Ukraine. Dans les colonnes du Guardian, Vadym Skibitsky a confirmé ce vendredi 10 juin ce que tout le monde savait déjà : le pays "aura bientôt utilisé toutes ses munitions". "La guerre est devenue une guerre d'artillerie", tient-il à souligner, indiquant que le pays utilisait "5000 à 6000 obus d'artillerie par jour". 

Idem du côté de l'armement. La veille, le conseiller principal du président ukrainien, Mykhailo Podolyak, confiait à la BBC devoir faire face à une armée russe très offensive, qui a "jeté sur le front à peu près tout ce qui n'est pas nucléaire". Pour y répondre, Kiev ne dispose que de peu de matériel. "L'Ukraine a besoin de 150 à 300 systèmes de lancement de roquettes pour rivaliser avec la Russie", signalait jeudi Mykhailo Podolyak. Le lendemain, Vadym Skibitsky indiquait quant à lui que son armée ne possèdait plus qu'"une pièce d'artillerie contre dix à quinze pièces d'artillerie russes".  

Pour rappel, il y a eu "trois phases" pour l'armement ukrainien. Comme l'explique Vincent Hugueux, grand reporter et spécialiste de politique internationale, le premier s'appuyait sur un héritage soviétique ainsi qu'une aide américaine. Depuis 2014 et l'annexion de la Crimée, l'armée ukrainienne disposait effectivement de quelques éléments technologiquement sophistiqués, grâce à une coopération active avec les États-Unis. 

La deuxième phase a commencé au début du conflit. "Les Ukrainiens ont demandé au pays du flanc Est de se défaire d'une partie de leurs propres équipements pour des tanks, des avions et des hélicoptères", poursuit Vincent Hugueux. Plus de trois mois après le début du conflit, cet équipement a été épuisé ou détruit au cours des combats, selon les sources américaines confirmées par les Ukrainiens eux-mêmes depuis deux jours. 

Des armes européennes au compte-goutte

Aujourd'hui, l'armée entre dans une troisième phase. Celle de la dépendance totale aux livraisons de l'Occident. "Tout dépend maintenant de ce que l'Occident nous donne", concède Vadym Skibitsky. Or, cette aide rencontre des obstacles. Les États-Unis et les autres alliés de l'Otan s'étaient pourtant accordés pour fournir un "flux continu de munitions" à l'Ukraine, ainsi que des pièces détachées et d'armement léger. Washington a également remis au pays de l'équipement lourd comme des obusiers Howitzers et des équipements de pointe comme les lance-roquettes Himars. Pas de quoi satisfaire Kiev. "Il y a des pays dont nous sommes fatigués d'attendre qu'ils nous livrent des armes. L'Allemagne appartient à ce groupe", avait ainsi lancé le ministre ukrainien des Affaires étrangères le 8 juin dernier. 

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Sauf que si l'armement occidental a donné l'impression d'arriver au compte-goutte, c'est un choix stratégique. Tout d'abord, les alliés veulent s'assurer que l'Ukraine est capable d'absorber les envois en toute sécurité. "Il y a des kilomètres de route, et des convois de cette nature sont exposés à des raids aériens ou des tirs de missiles russes", relève Vincent Hugueux sur LCI. En espaçant les envois, l'Occident limite les risques de bombardement de ses stocks d'armes et de munitions. 

Par ailleurs, il n'y a pas que la destruction qui menace les stocks. Si les envois étaient massifs, les Russes pourraient faire en sorte de s'en emparer. Ainsi, Washingt...
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