C'est comme une rage de dents. Un mal sourd, venu des profondeurs, viscéral : la haine que se vouent deux frères. Le premier, médiocre, cassant, tyrannisant le second, timoré mais travailleur. Mais les liens du sang sont puissants. Lorsque la brute vient à disparaître, Ha-in, le frère devenu avocat, part à sa recherche. Aux dernières nouvelles, il occupait un poste de gardien dans un bourg isolé, à la lisière d'une immense forêt. Il avait appelé la mère pour lui dire, en larmes : « Un hibou vit dans la forêt. » Et c'est par cet énigmatique haïku que vient le hiatus. Nul n'a jamais vu ce gardien, pas même son successeur, qui trouve pourtant dans son bureau cette même phrase écrite sur un bout de papier… À la recherche du frère disparu, le lecteur plonge dans une obscure forêt peuplée d'esprits méphistophéliques, qui fait suite au formidable Jardin paru l'an passé, sous la plume envoûtante de cette Coréenne, Pyun, aussi tordue que primée de nombreuses fois
La Nuit du hibou, de Pyun Hye-young. Traduit du coréen par Lee Tae-yeon et Pascale Roux (Rivages, 304 pages, 22 euros).L'extrait qui tue : Dans la forêt, le regard n'est généralement attiré que par ce qui est grand. Mais la chance lui avait fait trouver dans un buisson, entre des noyers, un brassard sur lequel était écrit « Prévention incendies ». Park In-su le secoua pour en faire tomber la terre. Abandonné sans doute depuis longtemps, le brassard était taché par endroits mais il pourrait peut-être servir à quelque chose, une fois nettoyé. Il décida d'ar...
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