Elle est l'une des membres du gouvernement à jouer son poste les 12 et 19 juin prochain : la Première ministre Elisabeth Borne, pour l'instant jamais élue à quelque mandat que ce soit, se présente aux législatives dans la sixième circonscription du Calvados. En cas d'échec, comme le veut l'Élysée, elle devra quitter ses fonctions, un revers particulièrement difficile pour la chef de l'exécutif. Mais selon un sondage Ifop-Fiducial pour LCI publié ce mardi, le tableau lui est favorable : Elisabeth Borne obtiendrait une majorité de voix au premier tour, remporterait le second tour, et resterait ainsi à Matignon.
Tout comme lors du scrutin présidentiel, trois blocs se détachent : le camp présidentiel, la gauche emmenée par Jean-Luc Mélenchon et le Rassemblement national. Au premier tour, l'ancienne ministre du Travail rassemblerait 39% des suffrages, devançant Noé Gauchard, candidat de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) qui obtiendrait 26% des voix, lui qui mène tout comme Elisabeth Borne sa première campagne électorale. Jean-Philippe Roy, candidat du RN déjà défait en 2017, arriverait à la troisième place du podium avec 15% des bulletins.
Impossible toutefois pour la Première ministre de se qualifier d'emblée en se dispensant d'un second tour, car pour ce faire, elle doit obtenir plus de 50% des suffrages, une marche qu'elle rate de 11 points, ainsi que 25% des voix d'inscrits. Mais en cas de duel au second tour avec le candidat le mieux placé, celui de l'union de gauche, elle obtiendrait le siège avec une certaine avance : 58% contre 42% des voix. Elle qui avait réfuté tout parachutage assoirait ainsi une forme de légitimité politique.
Dans le cas d'un face-à-face avec son adversaire d'extrême-droite, le rapport de force lui serait encore plus favorable, avec 65% des voix contre 35% pour son adversaire. En 2017, celui-ci était quasi identique entre le député sortant de La République en Marche Alain Tourret, qui ne se représente pas, et Jean-Philippe Roy : le candidat marcheur avait remporté la circonscription normande avec 68,34% des voix, contre 31,66% pour son adversaire d'extrême droite. Mais cette année, "compte tenu des rapports de force observés au premier tour", un tel duel "parait peu probable à ce stade", note le sondage.
En cinq ans, la gauche a en effet marqué une véritable progression sur place, bien qu'elle ne parvienne pas à devancer la Première ministre. En 2017, c'est l'UDI qui avait obtenu la troisième place au premier tour, avec 12,17% des suffrages, contre 10,31% pour le candidat de la France insoumise d'alors, arrivé quatrième.
Enquête menée du 31 mai au 4 juin 2022 auprès d'un échantillon de 602 personnes inscrites sur les listes électorales issu d'un échantillon de 671 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La méthode des quotas a été utilisée. La marge d'erreur est comprise entre 1,4 et 3,1 points. L'Ifop rappelle que ces résultats ne constituent pas un élément prédictif des résultats le jour du vote.
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