C'est une petite alerte lancée par Santé publique France. Sur le front de l'épidémie de Covid-19, tous les indicateurs nationaux sont au vert depuis plusieurs semaines, à tel point que la quasi-intégralité des restrictions a désormais disparu. Mais Guillaume Spaccaferri, épidémiologique de l'agence sanitaire, a mis en garde ce vendredi. "Nous voyons d'ores et déjà une légère augmentation [...] de la circulation virale", a-t-il averti au cours d'un point presse.
La courbe des contaminations était pourtant sur une pente descendante jour après jour, avant de se stabiliser autour de 17.000 nouveaux cas quotidiens à la fin du mois de mai. Depuis, l'évolution est repartie à la hausse. Était-ce attendu ? La fin de l'obligation du masque dans les transports a-t-elle joué un rôle ? Comment la situation va-t-elle évoluer ? Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), nous éclaire.
Cette légère hausse des cas était-elle attendue ?
Oui et non. Il y a près de trois semaines, le masque a été retiré dans les transports en commun, et par conséquent partout, puisque l'enlever dans les transports signifiait ne plus avoir de masque sur soi. En ce sens, cette légère hausse n'est pas si étonnante. En revanche, voir des indicateurs qui remontent au mois de juin, c'est absolument inattendu. La circulation virale devient endémique.
La persistance de la circulation virale risque de créer les conditions d'une reprise épidémique
Benjamin Davido, infectiologue
Juste avant la fin de l'obligation du port du masque dans les transports en commun, vous alertiez auprès de TF1info sur le risque de "casser la dynamique très favorable" du virus. Est-ce ce qu'il s'est passé ?
Cela a forcément joué. La baisse des cas a effectivement pris fin, puisque nous étions ces derniers jours sur un plateau. Mais c'est aussi une conjonction de plusieurs éléments, dont l'un peut être la légère augmentation de la proportion du sous-variant BA.5, estimé 10 à 15% plus contaminant que BA.2 (5% des cas seraient provoqués par BA.5, d'après la dernière enquête flash Santé publique France, contre 1,5% lors de l'enquête précédente, NDLR).
D'un côté, nous avons levé le pied sur une mesure préventive dans un lieu à risque de contaminations, avec un brassage important, et de l'autre, il y a l'introduction sur le territoire de BA.5. Et à partir du moment où nous restons sur un nombre important de contaminations, BA.5 aura des facilités pour prendre le dessus.
Cette petite augmentation des cas n'est-elle qu'un épiphénomène, ou faut-il s'attendre à une hausse continue ?
Je ne crois pas qu'il s'agisse d'un épiphénomène. Au contraire, BA.5 peut continuer à monter. Gardons à l'esprit que nous avions eu une vague inédite l'été dernier, qui avait été gérée admirablement bien par l'hôpital, et grâce à la vaccination. Toutefois, l'effet estival et vacances peut contrebalancer cette hausse, dans une certaine mesure. Mais nous allons avoir une vraie persistance de la circulation de ce virus, comme un bruit de fond, qui risque de créer les conditions pour une reprise épidémique à l'automne.
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