À l'occasion de la sortie à Cannes de Salam, le film de et sur Diam's, l'interview que cette dernière a accordée à Augustin Trapenard fait du bruit.
Elle a été applaudie par ceux qui ont apprécié ce «moment de vérité» au cours duquel l'ancienne star –laquelle souhaite qu'on l'appelle désormais par son prénom, Mélanie– raconte ses difficultés, son cheminement et sa «renaissance». Une de nos anciennes ministres (Cécile Duflot) a évoqué sa ressemblance avec Sœur Sourire. D'autres, en revanche voient dans cet entretien de la «propagande pure» (Caroline Fourest) et dans l'intervieweur un «misérable idiot utile des barbus» (Gilles Chevalier).
Le problème de cette interview, ce n'est pas que Diam's-Mélanie s'y confie et qu'elle révèle ce qu'elle est –une personnalité cordiale et sensible; ce n'est pas non plus qu'elle fasse éventuellement du prosélytisme (mot plus adapté que «propagande»). Après tout, c'est le propre des religieux, les «vrais», ceux qui ont la foi chevillée au corps, non seulement de penser et de vivre la loi de Dieu comme supérieure à celle des hommes, mais également de vouloir convaincre le plus grand nombre. Et que cela plaise ou non, il en a été, il en est et il en sera toujours ainsi. Méconnaître cela, c'est ne rien comprendre au fait religieux.
Le gros problème de cet entretien, c'est qu'en trente minutes, le mot «salafisme» n'a pas été prononcé une seule fois! Ni par l'interviewée, ni par l'intervieweur. ...
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