"La vitamine D est efficace contre le Covid-19" : que sait-on vraiment de cette étude ?

LCI - 02/06
Des figures de la sphère anti-vaccin affirment qu'une nouvelle étude prouve que "la vitamine D sauve des vies". Depuis près de deux ans, certains pensent qu'elle permet de se prémunir, voire de guérir du Covid-19. L'étude publiée ce mardi comporte de nombreuses limites.

Des figures de la sphère anti-vaccin affirment qu'une nouvelle étude prouve que "la vitamine D sauve des vies".
Depuis près de deux ans, certains pensent qu'elle permet de se prémunir, voire de guérir du Covid-19.
L'étude publiée ce mardi comporte de nombreuses limites.

La France est-elle passée à côté d'un remède miracle contre le Covid-19 ? C'est ce que pensent savoir un certain nombre d'internautes, et notamment des personnalités influentes dans la sphère covido-sceptique. "La vitamine D est utile contre le covid et sauve des vies", a ainsi tweeté Florian Philippot ce jeudi 2 juin, ironisant sur "tous les médecins de plateaux télé qui nous contredisaient quand on le disait". 

Même discours du côté de la généticienne Alexandra Henrion-Caude qui a affirmé que la vitamine D "permet de limiter les décès". La chercheuse, dont les prises de position aux accents complotistes ont poussé l'Inserm à s'en désolidariser, cible, elle aussi, "tous les donneurs de leçon". Parmi eux, l'infectiologue Karine Lacombe, visée pour avoir indiqué en janvier 2021, que "la vitamine D n'est pas un moyen efficace de prévention de la Covid-19". Alors, que sait-on de cette étude qui semble rebattre les cartes ?

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L'étude, baptisée COVIT-TRIAL, a été menée par une équipe de chercheurs du CHU d'Angers. Réalisée sur 260 patients en Ehpad, âgés de 65 ans et plus et atteints de la maladie, l'essai contrôlé randomisé visait à observer l'effet sur la mortalité des patients d'une forte dose de vitamine D3. Or, dans cette étude, disponible en ligne et publiée ce mardi 31 mai dans la revue scientifique Plos Medicine, il est écrit noir sur blanc que l'administration d'une forte dose de vitamine D3 "a été à l'origine d'une réduction importante et statistiquement significative du risque de décès, et ce, dès le sixième jour après le début du traitement". De quoi confirmer, aux yeux des chercheurs, l'utilité de ce traitement. Cependant, ces travaux comportent de nombreuses limites qu'il est important de souligner.

Plus aucun effet au 28ème jour

Tout d'abord, à aucun moment, les chercheurs n'affirment que cette vitamine est un remède à elle seule. Ainsi, chez 40% des patients, elle a été prise en complément d'autres traitements standards de lutte contre le Covid-19, tels des antibiotiques ou des corticoïdes. Les auteurs préconisent dès lors "une thérapie combinée avec à la fois des traitements standards pour Covid-19 et de fortes doses de vitamine D3".

Par ailleurs, comme l'a souligné Clara Locher, praticienne hospitalière universitaire (PHU) en pharmacologie clinique, et membre du collectif qui a épinglé les publications de Dider Raoult sur l'hydroxychloroquine, certaines informations contenues dans l'étude remettent en cause l'efficacité de la vitamine D sur le long terme. Si un effet protecteur est en effet visible les 14 premiers jours, ce bénéfice n'est pas maintenu à 28 jours. Les deux groupes de patients enregistrent en effet le même nombre de décès (15% dans le groupe à forte dose et 17% dans le groupe à dose standard). La figure, ci-dessous, prouve donc que la vitamine D3 ne baisse plus la mortalité après deux semaines. Compliqué d'imaginer que cette seule hormone aurait permis de "sauver des vies". 

Enfin, les chercheurs précisent que leur analyse "n'a pas été conçue pour déterminer si la supplémentation en vitamine D aide à prévenir l'infection par l...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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